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«Le printemps du journalisme» de Frédéric Gonseth sent fort le sapin

Les difficultés des médias sont sous le feu du documentaire du Vaudois, qui s’emmêle les pieds dans ses thématiques. Critique

Le plan d’ouverture du Printemps du journalisme compte les morts au gré d’un travelling parmi des pierres tombales. Les titres La Suisse, Journal de Genève et Gazette de Lausanne, Le Nouveau Quotidien, L’Hebdo défilent devant l’objectif comme autant de titres tombés au champ d’honneur de la presse romande.

Avec son dernier documentaire, Frédéric Gonseth cherche à comprendre les raisons d’une crise qui s’accélère et touche tous les acteurs du secteur — on l’a encore vu tout récemment avec la réduction de 40% des effectifs de l’Agence télégraphique suisse (ATS). Sur fond de votation «No Billag», le film du Lausannois tombe à pic puisque les médias sont attaqués de tous bords, sur l’angle économique ou idéologique.

Le point de départ du cinéaste semble avoir été la fracture générationnelle, soit le fossé entre des aînés encore consommateurs de médias traditionnels et une jeunesse éprise de réseaux sociaux. Les séquences explorant le rapport à l’information des post-adolescents ne manquent d’ailleurs pas d’intérêt pour éclairer les nouvelles logiques d’accès aux faits – et aux fake news! – qui commencent à prévaloir au sein de la société.

Bon pour la prise de tête

Au cours du tournage survient un événement: l’annonce, en janvier 2017, de la fermeture de L’Hebdo. Frédéric Gonseth s’engouffre dans la brèche de cette actualité liée à la thématique de son film. À partir de là, Le printemps du journalisme entrecroise deux réalités qui peinent à se rejoindre et à dialoguer au montage: la prédominance d’Internet (supposément incarnée par les seuls cadets) et la fin d’un titre emblématique de Suisse romande. Une trop grande partie du métrage est consacrée à la fermeture de l’hebdomadaire et au projet de plate-forme en ligne, Bon pour la tête, que certains de ses ex-journalistes ont courageusement ouverte dès juin de l’an dernier.

Cette renaissance permet de donner au film une tonalité optimiste, que l’on retrouve dans le titre, mais le traitement s’avère trop complaisant et, au final, c’est surtout la nostalgie pour un supposé âge d’or du journalisme qui prend le dessus. Les enjeux démocratiques, les nouveaux modèles économiques, ne sont pas abordés avec suffisamment de force et ce Printemps, s’il éclaire quelques parcelles du champ médiatique, ne rassemble ses observations et réflexions sur aucun horizon.

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