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Le singe est l'avenir de l'homme

Le troisième volet de «La planète des singes» renverse la donne.

César (Andy Serkis) et son fils en quête d’un monde sans hommes.
César (Andy Serkis) et son fils en quête d’un monde sans hommes.
DR

Avec La planète des singes: Suprématie, troisième épisode de la franchise relancée au XXIe siècle, l’histoire raccroche enfin le quintet de films initié dans les années 1960. Charlton Heston n’en croirait pas ses yeux mais cette histoire de singes maîtres du monde tient en toute logique. En 2011, l’entreprise, pourtant, semble périlleuse. Dix ans plus tôt, le surdoué Tim Burton a essuyé un échec sans appel dans la relecture du roman du Français Pierre Boulle. Mais cette fois, La planète des singes: Les origines convainc par la noirceur viscérale de son scénario. Plus que de fantaisie simiesque, la superproduction se soucie de véracité. Ainsi, le jeune chimpanzé César, après avoir absorbé une substance dopante, acquiert une intelligence humaine. Elevé comme un enfant, il est arraché à son foyer et enfermé dans un laboratoire. Ralliant d’autres singes emprisonnés, le futur leader et sa troupe s’échappent dans les montagnes.

Trois ans plus tard, La planète des singes: L’affrontement amplifie la confrontation entre les espèces sur fond d’apocalypse bactériologique. Dans un avenir proche, décimée par un virus, la population humaine lutte avec les singes pour le pouvoir sur la planète. Déjà se développent des dilemmes shakespeariens d’une éternelle actualité. Voir ainsi le singe Koba – un patronyme emprunté à Staline, s’empoigner avec César sur la politique à suivre. Là encore, la saga étonne par sa gravité revendiquée et ses velléités philosophiques.

La bande annonce du film

Toujours aussi sombre, La planète des singes: Suprématie suit cette option. Rongé par la perte et la vengeance, le patriarche grisonnant se prépare à une dernière bataille. César veut aussi sauver son peuple, l’emmener au-delà d’un désert et vivre en autarcie loin des hommes. Ceux-ci survivent en pagaille. Voir ce colonel psychopathe, cousin du colonel Kurtz d’Apocalypse Now, qui capture des singes et les met en esclavage. César lui tombe dessus.

Le réalisateur Matt Reeves, présent depuis le deuxième épisode, affiche une stratégie éprouvée sur ce champ de bataille. Les scènes d’action rythment les épanchements sentimentaux, la cohérence narrative est préservée par la fluidité d’un récit qui ne tolère que la plus stricte complexité. Le cinéaste et scénariste a choisi son camp. Ici, la race humaine est portraiturée en bloc. Une masse anonyme d’exécutants, un gradé fou à lier, une petite fille perdue qui partage sa poupée et ses fleurs. Par contre, le peuple simiesque développe des traits de caractère distincts, de Maurice l’orang-outang aussi sage qu’un vieux bonze, à Bad Ape, l’énergumène clownesque aux pupilles en boutons de pantalon.

Dans le miroir

Bluffante dans ses moindres détails de faciès grimaçant, la technologie contribue sans doute à cette surprenante évolution. La première série (1963-1968) de La planète des singes à La bataille de la planète des singes s’appuie sur les débats de l’époque. Racisme, vivisection, destruction nucléaire, apartheid, etc., importent plus que le rendu plus ou moins vériste des poilus. Désormais les singes dissertent, pleurent ou se fâchent avec un tel réalisme des effets spéciaux que la question de leur intelligence ne se pose même plus. Encore moins celle de leur cousinage avec l’Homo sapiens. Le colonel avoue même en matant César droit dans les pupilles: «Bon sang, regarde tes yeux, presque humains!» Quant au chef de famille, il psalmodie à plusieurs reprises que les singes ne sont ni des sauvages ni des guerriers. Sans révéler la conclusion morale de cette affaire, sans savoir d’ailleurs si Suprématie conclura vraiment la série, à ce stade, le singe est l’avenir de l’homme.

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