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Avec «Solo», la galaxie sort à peine de l’adolescence

Cet épisode sombre dans l’âge bête de Han Solo, sans encore de Leia à l’horizon.

Faut-il y voir la patte molle des studios Disney qui ont racheté la franchise «Star Wars» en 2012? Même pas. «Rogue One», puis l’épisode VIII des «Derniers Jedi» l’an dernier, démontraient une maîtrise respectueuse de la saga de George Lucas. Non seulement sa généalogie temporelle prenait sens mais elle se voyait dopée d’encourageantes perspectives féministes.

«Solo», nouvelle émanation en spin-off, ne se laisse pas plus piéger par des erreurs propres à faire hurler les fan-clubs. Après tout, son réalisateur Ron Howard, venu à la rescousse après qu’une première équipe de cinéastes a été virée, connaît la musique. Jadis, il fut l’acteur de Lucas dans «American Graffiti» et adore lui aussi les courses de voitures. Non, le crash de «Solo» vient d’ailleurs.

Han Solo en avorton niais

Le volume centré sur la jeunesse de Han Solo souffre de la fadeur de son acteur principal. Alden Ehrenreich ne donne jamais la sensation qu’il puisse devenir le taciturne casse-cou allié de Luke Skywalker, intrépide mâle alpha aux mâchoires serrées sur sa réputation de meilleur pilote de l’Empire Galactique.

Au contraire, posant en joli cœur soumis à ses hormones, le Californien de 28 ans accumule les poses d’avorton niais qui s’amourache pour la première fois d’une fille sur la planète Corellia. Dur de l’imaginer séduire la princesse Leia. Et encore plus de croire qu’il puisse lui faire un enfant susceptible de basculer du côté obscur de la Force. Le comédien ne manque pourtant pas de prestigieux états de service, chez les Coppola, Francis Ford et Sofia, Woody Allen ou les frères Coen, mais face à l’enjeu sidéral, il peine à décoller aux commandes du «Faucon Millenium» cher à Han Solo. Là où le regretté River Phoenix avait réussi dans «Indiana Jones et la dernière croisade» à matérialiser la fougue adolescente du futur archéologue au fouet, Alden Ehrenreich reste servile à une icône. La faute peut-être à Harrison Ford, qui, en quelques grimaces pourtant minimalistes, s’est approprié le macho interstellaire depuis 1977.

L’origine de Chewbacca

Scénaristes de «Solo», les Kasdan père et fils ne rehaussent pas ce charisme tiède. Non seulement les planètes à la flore brunâtre n’invitent pas au voyage, mais l’intrigue tient du western élémentaire, soit des chasseurs de primes, une mine d’or à piller. Signe de temps difficiles, la thématique générale tourne autour de la pénurie de carburant. Seule la séquence de l’attaque de la diligence, un convoi ferroviaire serpentin qui modifie ses inclinaisons latérales selon les courbes du rail, passe le test des figures obligées.

Pour le reste, le réalisateur suit la feuille de route. Il s’agit de documenter la complicité qui va se tisser entre le géant velu Chewbacca et Han Solo, l’origine du «Falcon», cette créature volante à la robotique capricieuse acquise aux cartes à la table du contrebandier Lando, et autres détails du canon «Star Wars». Jusqu’à l’embryon de l’Alliance rebelle dont les émules combattront Stormtroopers et autres sbires de Dark Vador. Ces explications de textes sur le terrain de la légende occupent plus de deux heures sans panache et promettent suite.

Comme la distribution lourde de talent, de Woody Harrelson à Paul Bettany ou Emilia Clarke, on en sort gavé.

S.F. (USA, 135’, 16/16).

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