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Spielberg et Tom Hanks se font une guerre froide

Le duo de géants fusionne dans «Le pont des espions». Excellence.

Quand un avocat américain (Tom Hanks) joue aux échecs à Berlin avec la Russie...
Quand un avocat américain (Tom Hanks) joue aux échecs à Berlin avec la Russie...
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Dans Le pont des espions, Steven Spielberg dirige Tom Hanks du bout des doigts, tant la mise en scène de l’un cadre avec le jeu de l’autre. Tout coule dans cet univers d’espionnage feutré par la duplicité. Les décors s’uniformisent dans la grisaille de Berlin et de Brooklyn, les bureaux tristes et ternes, la neige qui tombe inexorablement. Le réalisateur cherchait depuis longtemps un scénario de cette envergure sur la guerre froide. Relayant «une note en bas de page» du passé, les frères Ethan et Joël Coen lui ont griffé une fresque. Car l’historien de l’Amérique, récemment honoré de la Médaille d’honneur par le président Obama, entretient un rapport très personnel avec ces années troubles. Son père, ingénieur à la General Electric, fut invité avec une délégation de scientifiques américains en Union soviétique en 1960, pour améliorer le climat entre les deux puissances. Leur mission tombait au plus fort de la glaciation diplomatique qui régnait, un pilote américain victime d’un crash étant retenu prisonnier sur le sol soviétique.

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