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Le super-héros sort de l’âge bête

«Spider-Man: Homecoming» revient aux basiques et c’est tant mieux.

Apriori, Spider-Man: Homecoming traîne des airs de déjà-vu. Il y a déjà quinze ans, le réalisateur Sam Raimi relisait les comics de son enfance, exhibant avec une ingénuité irrésistible un Spider-Man de ses cartons. Des hordes de super-héros vont alors se succéder sur les écrans, l’homme-araignée à lui seul épuisant trois acteurs à ce jour. En garçon naïf et ordinaire, le mélancolique Tobey Maguire apprend, dans la trilogie de 2002-2007, la dure loi de sa condition. «Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.» En 2012, avec un physique de champion athlétique, Andrew Garfield cherche son identité en rebelle et se déchaîne dans des bagarres à grand spectacle. Deux ans plus tard, la suite de The Amazing Spider-Man essuie le plus mauvais score de la franchise.

Retour aux fondamentaux

Spider-Man: Homecoming revient aux fondamentaux des comics, cette violence des sentiments associée à la maladresse et à l’innocence de l’adolescence, cette gravité qui, aussitôt énoncée, ne se prend pas trop au sérieux. Si l’acné purulente est épargnée à Peter Parker, le gamin en pleine croissance présente tous les stigmates de l’âge bête. Le New-Yorkais fanfaronne en public, doute dans le secret de sa chambre. Rêve de rejoindre pour de bon le club des Avengers qu’il a côtoyés dans leur dernier épisode, mais s’ennuie ferme à l’école. Armé de la combinaison livrée par son mentor, le millionnaire Tony Stark, alias «Ironman», il défie les pires ennemis mais rougit en puceau transi face à la belle Liz.

Plus qu’une superproduction aux effets spéciaux ronflants, la nouvelle métamorphose de Spider-Man rappelle longtemps le charme désuet des comédies de John Hughes dans les années 1980, les Breakfast Club et autres Folle journée de Ferris Bueller. Avec sa mine de candide ahuri toujours hésitant entre jouer avec ses potes ou draguer une fille, le comédien britannique Tom Holland, 21 ans, séduit comme Matthew Broderick jadis. Homecomingpossède encore une arme fatale, son méchant. Là encore, place aux basiques, le malfaisant Vautour remontant aux premières aventures de l’homme-araignée. Mieux, il est caréné comme tout super-vilain devrait l’être, avec des dilemmes, une part obscure ayant fini par occulter son humanité. Basculer vers le monstre ou le super-héros relève du hasard infime, d’où d’ailleurs leur attraction l’un pour l’autre. Mais Peter Parker n’en est pas encore là. Par contre, son ennemi possède une sacrée expérience.

Drôle d’oiseau

Ingénieur prodige en recyclage d’équipement extraterrestre, le futur Vautour a été trahi par le gouvernement. Par vengeance et pour sauver son équipe, il est devenu un redoutable marchand d’armes. Michael Keaton l’interprète avec un machiavélisme gourmand. Et pour cause… Drôle d’oiseau au royaume des super-héros, le comédien renaît une fois de plus de ses cendres. En 1989, l’Américain force l’adhésion des fans qui renâclaient à le voir en homme-chauve-souris dans les Batmande Tim Burton. Il y a deux ans, après une suite de semi-échecs et de projets avortés, le comédien éblouit dans Birdman, encore une histoire d’homme volant. Le scénario démarque sa propre vie d’acteur célébré pour ses performances de super-héros, puis retombé dans un relatif anonymat, en quête de respectabilité chez les intellos. Sur ce schéma, son numéro de Vautour dans Spider-Man: Homecoming pourrait indiquer que Michael Keaton repart dans son exploration du territoire de la Force. Ou que du moins, joli paradoxe, il a fait la paix avec les super-héros.

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