Passer au contenu principal

Pour survivre, le cinéma se nourrit de rencontres

Les salles indépendantes multiplient les projections en présence de réalisateurs. Exemple à l’Éden.

«On vit aujourd’hui une phase difficile. En Suisse, les cinémas perdent des spectateurs (ndlr: –13%, soit 1,2 million d’entrées en moins, entre 2017 et 2018 selon l’Office fédéral de la statistique), explique Patrick Kovaliv, programmateur de la salle obscure.
«On vit aujourd’hui une phase difficile. En Suisse, les cinémas perdent des spectateurs (ndlr: –13%, soit 1,2 million d’entrées en moins, entre 2017 et 2018 selon l’Office fédéral de la statistique), explique Patrick Kovaliv, programmateur de la salle obscure.
Keystone

Le loup a frappé à L’Étivaz. C’était en avril dernier. Le prédateur avait alors attaqué une biche. Le 16 février, il fera son retour, mais cette fois sur grand écran et pour montrer un autre visage. Jean-Michel Bertrand présentera son film «Marche avec les loups», à l’Éden de Château-d’Œx.

Le cinéma damounais se fait de plus en plus souvent le théâtre de telles rencontres. En 2018, il a accueilli Fernand Melgar pour la projection de «À l’école des philosophes» à des élèves de la région. L’automne dernier, c’est Delphine Lehericey qui s’arrêtait dans la station pour présenter «Le milieu de l’horizon». En mars, l’Éden accueillera le Nobel de chimie Jacques Dubochet, protagoniste central de «Citoyen Nobel».

«On vit aujourd’hui une phase difficile. En Suisse, les cinémas perdent des spectateurs (ndlr: –13%, soit 1,2 million d’entrées en moins, entre 2017 et 2018 selon l’Office fédéral de la statistique)»

Sur ce créneau, les cinémas indépendants – Grain de Sel à Bex, La Bobine au Sentier, etc. – ne sont pas en reste. «On vit aujourd’hui une phase difficile. En Suisse, les cinémas perdent des spectateurs (ndlr: –13%, soit 1,2 million d’entrées en moins, entre 2017 et 2018 selon l’Office fédéral de la statistique), explique Patrick Kovaliv, programmateur de la salle obscure. Si on se contente de projeter des films sans rien amener de plus, l’Éden est mort.»

Difficultés financières

L’endroit avait bien failli passer de vie à trépas, en 2013. La salle en proie à des difficultés financières, la Commune de Château-d’Œx, qui en est propriétaire, se met en chasse de nouveaux exploitants. «Le syndic de l’époque, Charles-André Ramseier, a contacté quelques cinéphiles de la station, se souvient Patrick Kovaliv. On pensait alors qu’on allait créer un petit ciné-club «un peu bobo», mais on a finalement repris la gestion en créant l’association cinÉden.»

Depuis, celle-ci s’est largement professionnalisée et peut compter en plus sur l’appui d’une quarantaine de bénévoles. Sa volonté de diversification semble porter ses fruits: durant les Fêtes, la salle a cumulé 777 entrées en 22 séances, contre 530 l’année précédente. «On gagne aussi clairement en qualité d’écoute: on touche peut-être un public plus spécifique, mais les spectateurs s’investissent.»

À force, l’Éden s’est taillé une jolie réputation. «On a régulièrement des demandes de réalisateurs. Je n’ai jamais à courir après de telles rencontres. Elles se produisent de manière spontanée.» Récemment, le programmateur s’est offert le luxe de présenter en exclusivité et avec deux semaines d’avance «The Aeronauts», de Tom Harper, Festival international de ballons oblige. «C’est une jolie satisfaction», sourit Patrick Kovaliv.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.