«L’usine de rien» produit au moins du sens

Cinéma À la suite de Miguel Gomez, son compatriote Pedro Pinho chronique la société portugaise en lutte.

Le monde impitoyable du travail au Portugal.


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Comme tant d’autres films documentaires, L’usine de rien traite de la délocalisation brutale d’une fabrique au Portugal, et du compréhensible désarroi qui s’empare des ouvriers. Quand leurs patrons tentent d’évacuer de nuit leurs machines, les travailleurs décident d’occuper les lieux. Pedro Pinho filme cette lutte de terrain au corps à corps. À l’image des Mille et une nuits de son compatriote Miguel Gomez, œuvre tentaculaire unique, son projet se singularise lui aussi à toute force par sa longueur, son approche et son imprégnation. Sur près de trois heures, le récit factuel se veine d’esquisse romanesque, de théorie politique, emprunte même à la comédie musicale. Explosant les formats, impliquant acteurs et amateurs, tournant dans l’osmose la plus vive avec les ouvriers, il expose la fabrication même de L’usine de rien comme un manifeste. Avec une détermination totale, le cinéaste n’hésite pas à braver les habitudes et tente des passerelles entre les genres. Pour cimenter son entreprise, Pedro Pinho avance avec un message très clair sur l’aliénation du monde ouvrier. Sans déguiser sa pensée sous les artifices et les séductions de la fiction, L’usine de rien pose en ouvrage rude, presque désaffecté de tout sortilège. Cette vision contemporaine d’une société brimée laisse peu d’ouverture. Pourtant, une générosité subsiste, inexplicable talent de l’humanité.


Docu (Port., 177’, 16/16). Cote: **
(24 heures)

Créé: 05.12.2017, 17h14

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