Le vénérable W. est un véritable salopard

CinémaAvec ce moine bouddhiste raciste, Locarno découvrait hier le troisième volet des salauds flamboyants selon Barbet Schroeder

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Il y avait eu «l’autoportrait» d’Amin Dada, le dictateur fou de l’Ouganda (1974). Puis, en 2007, la plongée dans les méandres du cerveau de Jacques Vergès, «l’avocat de la terreur», qui jouissait de défendre Klaus Barbie «seul face à 50 confrères». Avec Le vénérable W., le réalisateur suisse Barbet Schroeder adjoint un troisième portait à sa galerie de salopards lumineux, de ceux qui étranglent avec le sourire.

En Birmanie, le moine Wirathu s’est imposé en figure de proue d’un mouvement de contestation xénophobe, accusant de tous les maux la minorité musulmane du pays (4% de la population, contre 90% de bouddhistes). Interprétant les livres saints en une lecture politique très similaire aux islamistes qu’il dénonce, il a attisé les tensions ataviques entre les deux communautés, appelant au boycott des commerces musulmans quand il ne s’agit pas de les réduire en cendres.

Depuis 2012, d’innombrables émeutes ont provoqué la mort de centaines de musulmans, pour le plus grand bénéfice du Mouvement 969, créé par Wirathu – ce dernier assure en effet que rien dans l’enseignement du Bouddha n’interdit aux moines de faire de la politique. Tout comme sa philosophie non violente et tolérante s’accommoderait selon lui des diatribes racistes envers les minorités.

On reste songeur face au paradoxe, mais aussi sur sa faim quant à la force filmique de Barbet Schroeder. Son documentaire ne demeure «que» pédagogique, là où L’avocat de la terreur combinait Histoire, politique, intrigue et panache, de par la personnalité de son sujet. Ici, l’inexpressif Wirathu est plus détestable que passionnant, débitant ses appels à la violence comme s’il donnait la recette de la tarte aux pommes. Le film creuse moins son portrait qu’il ne raconte l’histoire récente de la Birmanie, démontrant qu’aucun pays n’est épargné par la tendance au repli xénophobe. (24 heures)

Créé: 09.08.2017, 19h51

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