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Vevey saisit le rire au VIFFF

La 3e édition du Vevey International Funny Film Festival s’ouvre vendredi. Parcours dans son drôle de menu avec le codirecteur Loïs Goumoëns.

Dans le court «Kapitalistis», le père Noël n’est peut-être pas une ordure, mais la fête de Noël pue l’argent (et les petits fours).
Dans le court «Kapitalistis», le père Noël n’est peut-être pas une ordure, mais la fête de Noël pue l’argent (et les petits fours).
«Kapitalistis» Réalisé par Pablo Munoz Gomez Ecrit par Pablo Munoz Gomez, Sarah Schenkel et Xavier Seron Produit par Roue Libre et Origine Films

«La comédie a souvent été minimisée, si ce n’est mise de côté, sur le principe qu’il serait facile de faire rire et qu’elle serait moins importante que le drame et les films préoccupés par des choses sérieuses.» Les palmarès des grands festivals de cinéma donnent en effet raison à Loïs de Goumoëns, codirecteur, avec Maryke Oos­terhoff, du Vevey International Funny Film Festival (VIFFF), manifestation qui s’apprête à ouvrir ce vendredi. Lestée de sa compétition internationale, la troisième édition de ce festival de films qui aiment caresser les zygomatiques dans le sens de la glotte monte en puissance avec une programmation étoffée et diversifiée…

A Vevey, le jeune rendez-vous a à cœur de montrer que le rire peut s’organiser avec professionnalisme, si ce n’est sérieux. «L’équipe s’est encore un peu plus professionnalisée. Nous avons pu nous déplacer à des festivals comme Berlin, Cannes ou Locarno, et nous avons désormais des antennes au Québec et en Asie.» Le VIFFF joue sa carte dans un milieu européen où les rendez-vous dédiés au genre ne sont pas encore légion. «A Londres il y a une partie du BFI London Film Festival et le Loco. En Roumanie, le Comedy Cluj et, en France, le Festival international du film de comédie de l’Alpe d’Huez, mais qui se consacre surtout aux avant-premières de comédies françaises.»

Le festival propose en première suisse Crash Test Aglaé, comédie française avec Julie Depardieu et Yolande Moreau où une ouvrière d’une usine délocalisée décide de faire le voyage jusqu’au sous-continent pour tenter de conserver son emploi. Mais l’éclectisme domine à Vevey, avec la ferme volonté de surprendre et de capturer des échantillons comiques dépaysants et hors des conventions du genre. «Nous voulons proposer autre chose que le mainstream de la comédie française ou américaine, que l’on connaît bien depuis tout petit et qui peut parfois lasser. Nous cherchons aussi des films qui questionnent le monde réel, la société, la politique.» Plusieurs documentaires font ainsi partie du menu 2017, dont la dernière production des auteurs de l’émission Strip-Tease, Ni juge ni soumise, ou le joyeusement familial Lots of Kids, a Monkey and a Castle, film espagnol de l’acteur Gustavo Salmerón qui dresse le portrait irrésistible de sa propre mère, une bourgeoise de 80 ans juchée sur les ergots d’une grandeur et d’une richesse familiale passée.

Les films de fiction prédominent toutefois, mais toujours avec le souci d’explorer des voies comiques qui se démarquent des canons classiques du rire. «Le problème des codes les plus répandus, ceux de l’école française notamment, c’est d’avoir un côté très écrit, basé sur le scénario, avec des phrases toutes faites et où le trait est forcé. Mais il y a des écarts possibles. Des films qui ne cherchent pas le gag à tout prix, qui finissent par faire rire grâce à leur ton général, leur habileté de mise en scène.» Cette curiosité pour d’autres rires possibles passe aussi par des amusements plus lointains, des éclats exotiques qui s’envolent dans l’hilarité générale jusqu’aux Maoris via le métrage néo-zélandais Hunt for the Wilderpeople ou jusqu’en Asie avec le chinois Girls vs Gangsters. «Au moment de sélectionner ces films, on ne sait parfois pas très bien s’ils nous font rire parce qu’on ne maîtrise pas tous les codes. Peut-être qu’un public du cru serait moins indulgent… Mais chaque région possède son humour bien à lui.»

Le rire peut également faire voyager dans le temps et des titres plus anciens sont aussi servis à Vevey, dont un hommage en trois films à Jerry Lewis qui comprend l’un de ses chefs-d’œuvre, The Bellboy (Le Dingue du Palace), sa première réalisation de 1960. Une proposition de courts complète le programme, dans lequel on trouve aussi la projection des sept films du concours Short Cuts Project, soit des films réalisés en 48 h sur un thème donné par le VIFFF.

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