Claire Dessimoz, nouvelle derviche tourneuse

DanseA l’Arsenic, «Traverser toute entier » plonge les spectateurs dans un état second.

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Les cercles sont plus grands et les gestes plus variés, mais c’est bien dans une sorte de transe évocatrice du tournoiement derviche (danse d’origine soufie) que la chorégraphe lausannoise Claire Dessimoz et sa complice Eléonore Heiniger nous aspirent avec «Traverser tout entier». Jeudi soir, dans sa nouvelle création, l’artiste s’est engagée dans un lent tourbillon méditatif, cisaillé de quelques ruptures plus dynamiques. Après deux projets – «Du bist was du holst» et «Invitation» - où elle a développé une pratique de dissociation entre le corps et une parole sociale et politique, elle revient poser son focus sur le corps seul, et les non-dits qu’il exprime.

Porté par une bande sonore inspirante, entre rock progressif, electro, chanson française et motets du Moyen Âge, le temps du spectacle s’étire pendant plus de 2 h 30. La sensation d’être pris en otage, installé en cercle sous une lumière crue, à observer et à se faire observer. Peu à peu pourtant va naître une irrésistible fascination pour la performance des deux protagonistes et les images qu’elles suggèrent.

Commencée comme une préparation à un combat de boxe, la représentation va aller de tableau et tableau, se métamorphosant en marathon de danse, en figures de yoga ou en gestes de prière. Comme un corps humain ou un corps collectif qui vit différents états, les interprètes enchaînent joyeuse éclate ou moments plus calmes sans presque jamais s’arrêter.

Souple et déliée, d’une grâce infinie, Claire Dessimoz se meut en conversation silencieuse avec sa partenaire plus tranchante. Les gestes des deux danseuses se répondent en miroir racontant les petites histoires de l’humanité. De larges mouvements en cillements minuscules, elles impriment à leurs corps et à leurs visages la charge de leurs pensées. S’adressant à chacune et à chacun, tour à tour, les sourires des interprètes volent par-dessus le quatrième mur, se fichent dans le regard et alertent à nouveau des spectateurs qui parfois se sont évadés ailleurs. Marchant, trottant, courant, galopant, parfois assises ou couchées, les interprètes se relèveront encore et encore pour tourner inlassablement en orbite autour de la communauté humaine.

Créé: 25.05.2019, 19h02

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