Le combat d’IAM s’écrit encore à l’encre du coeur

CritiqueLes parrains du rap français reviennent avec «Yasuke». Un dixième album humaniste qui ressasse leurs revendications sur une large et belle palette sonore.

Les rappeurs marseillais fêtent trente ans de carrière avec «Yasuke».

Les rappeurs marseillais fêtent trente ans de carrière avec «Yasuke». Image: DR

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Ils nous avaient promis la «Rêvolution» (2017) pour leur grand retour, depuis que le hip-hop est devenu le genre musical le plus consommé. Tentative surannée pour les patrons du rap français qui recyclaient mollement leur recette qui fit le succès de «L’École du micro d’argent». Nouvel essai avec «Yasuke», dixième album d’IAM qui fête trente ans de carrière. Plus concluant déjà. «À tous les jeunes MC, mettez le plaisir d’abord», lance Akhenaton, 51 ans, sur l’intro scratchée du titre d’ouverture «Omotesando». Du plaisir, cet album n’en manque pas.

Plaisir de voir ceux qui ont dansé le Mia faire évoluer leur boom bap vers des sonorités afro-beat (Remember, en duo avec Femi Kuti), gospel (Mosaïque), ou ragga (Eldorado, avec le rappeur Kalash). Sans jamais essayer de raccrocher leur wagon à la trap moderne et au chant gonflé aux effets. Les deux rappeurs Akhenaton et Shurik’n retrouvent leurs flows musclés et leurs rimes tranchantes sur les boucles electro lancinantes de «Rap Warrior». Du pur jus des Marseillais.

Côté textes, IAM ressasse ses revendications humanistes et anti-capitalistes, épingle les inégalités et le racisme - le morceau «Yasuke» raconte le destin tragique d’un migrant en Méditerranée - voire déplore aujourd’hui l’abrutissement d’une société en proie aux smartphones (Quand est-ce qu’on s’aime). Et garde l’optimisme qui le caractérise, quitte à verser dans la mièvrerie d’un refrain qui scande «tout est possible, ouais, ouais.» Sur les seize titres, ce dixième album n’échappe pas à quelques longueurs, voir des ratés. «On va tous les zinguer» frôle le ridicule à vouloir caricaturer la culture de l’ego-trip propre au rap.

Qu’importe, IAM s’éclate. Et nous éclate en se remémorant le bon vieux temps avec Psy 4 de la Rime sur le très oldschool «Self Mad Men», qui a le mérite de faire à nouveau rapper la nouvelle star de TF1 Soprano, ou en réunissant ses vieux potes (Faf Larage) et les jeunes talents de la cité phocéenne (Allen Akino) sur «Fin des Illusions», titre de 7 minutes à la gloire des open-mic. Sans jouer les faux jeunes, mais avec suffisamment d’énergie et d’inventivité pour séduire, les cinq parrains du hip-hop francophone prouvent à nouveau leur vitalité.

«Yasuke» (sortie le 22 novembre)
IAM
Universal
En concert le 27 mars aux Docks de Lausanne (complet)

Créé: 22.11.2019, 16h53

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