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Cordées de papier pour visions au sommet à l'Elysée

«Sans limite», la nouvelle exposition du musée lausannois s’appuie sur ses collections et décline l’histoire des représentations de la montagne

Glacier du Tour, vue prise près du Refuge Albert 1er, 2012
Glacier du Tour, vue prise près du Refuge Albert 1er, 2012
Aurore Bagarry
Frontalité et matière se conjuguent dans ce «Face à Face – Lenzspitze» de 2015.
Frontalité et matière se conjuguent dans ce «Face à Face – Lenzspitze» de 2015.
Maurice Schobinger
Avalanche, 2006
Avalanche, 2006
Yann Gross
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Au Musée de l’Elysée, les sommets fleurissent tels des champignons dans l’exposition «Sans limite», qui invite au ciel dès mercredi. Breithorn, Eiger, Rothorn ou Pointe-Dufour pointent (justement) leur nez, effilé ou épaté, dans des allures que les époques et d’audacieux photographes, souvent alpinistes, font varier au moins autant que les conditions météo. Les anciennes prises de vue – le procédé Lippmann est de la partie! – ont tendance à faire disparaître les nuages en raison des longs temps de pose alors requis, tandis que les images plus récentes multiplient volontiers les nuées en autant de voiles de mystère.

«La photographie est contemporaine de la conquête de la haute altitude, de l’invention alpine, qui relevait auparavant de l’imaginaire, comme chez le peintre Caspar David Friedrich», raconte Daniel Girardin, conservateur en chef et commissaire de l’exposition, qui a consulté quelque 4000 tirages montagnards des collections du musée, une centaine d’ouvrages spécialisés et a visité de nombreuses collections pour constituer ce qui se présente «non pas comme une histoire de la photo de montagne, mais comme une histoire de ses représentations».

«Sans limite» divise ainsi son sujet par un certain nombre de catégories qui tiennent autant du point de vue (frontalité, horizontalité, verticalité, distance, aérien) ou de formes (cône, matière…) qui se retrouvent et se combinent à travers les âges et dont témoigne, évidemment, la star du «défilé», une montagne qui ne se contente pas d’un rôle de cône mais se hisse jusqu’à l’icône: le Cervin. Ce symbole traverse tranquillement les siècles, des sépias du XIXe aux pixels du XXIe. Car après une dévaluation de l’intérêt pour la photographie de montagne autour des années 1980, le genre a suscité un regain d’attention chez les photographes plus contemporains, qui en soulignent souvent les aspects politiques, écologiques, ou ironisent sur son exotisme neigeux, exalté jusqu’au faux-semblant chez Matthieu Gafsou.

Ce mardi, les photographes Maurice Schobinger et Nicolas Crispini – tous deux exposés – plaidaient avec ardeur pour des alternatives à la puissante esthétique de la carte postale, qui a durablement jeté la montagne dans des abîmes tout sauf romantiques… Mais force est de constater, au gré de ces 300 tirages, que la montagne, examinée depuis plus d’un siècle et demi sous toutes ses coutures, n’est plus cette terra incognita suscitant un effroi sublime. Image après image, ascension après ascension, elle n’est peut-être pas domestiquée, mais, en terrain de jeu très exploré, elle est devenue plus familière.

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