Des bulles alternatives pour les Fêtes

EffervescentsIl n'y a pas que le champagne dans la vie. Quelques vins pétillants pour ne pas buller en rond.

Tiens, si on changeait un peu de bulles pour les Fêtes?

Tiens, si on changeait un peu de bulles pour les Fêtes? Image: DR

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Le gringet du Belluart

A une trentaine de kilomètres du Jet d’eau, à un jet de pépin du village d’Ayse, Dominique Belluart produit des blancs merveilleux. Pétillants ou pas. Des chefs-d’œuvre de droiture et de minéralité, qui sont issus d’un cépage savoyard endémique nommé le gringet. Oui, le gringet. Ce plant autochtone autant qu’oublié ne prospère plus aujourd’hui que sur une vingtaine d’hectares dans la vallée de l’Arve. Belluard en possède quasi la moitié, cultivée en biodynamie, à 450 mètres d’altitude, avec amour et science. Il faut absolument goûter la cuvée Mont-Blanc brut zéro, racée et lumineuse, qui titille le palais et l’imaginaire avec ses notes de gingembre et de quetsche. C’est un vin mirobolant, au tarif câlin, qui a sa place sur une table de fête.

Domaine Belluard. Distribué en Suisse par Cave SA et DIVO. Vente directe lieu-dit les Chenevaz, Ayse, 0033 (0) 4 50 97 05 63.

Les crémants de Tissot

A priori, le mot «crémant» n’inspire rien de bien palpitant du point de vue bacchique. On pense à un machin sucré et visqueux, plus destiné à la tartine qu’à la coupette. Et ben, non. Car, voyez-vous, on appelle crémants une ribambelle de vins effervescents, savoureux à l’occasion, produits aux quatre coins de France. Il existe ainsi des crémants de Loire, de Bordeaux, de Bourgogne et d’Alsace. Sans oublier le Jura, dont la crème (si l’on ose) des vignerons propose des mousseux divins, susceptibles de rivaliser avec bien des cuvées champenoises pour des prix infiniment plus aimables. On pense au crémant de Jean-François Ganevat, dont les bulles fougueuses et la vinosité impérieuse lui ouvrent les premiers rôles à table. Mais aussi au crémant «Indigène» d’André et Mireille Tissot à Arbois, issu de vignes biodynamiques, vinifié sans soufre ni levure industrielle, dont le fruité et la fraîcheur pourrait transformer le plus lugubre des réveillons en riante java.

Domaine Tissot. Place de la Liberté à Arbois. Distribué en Suisse par La Cave de Reverolle. Tél: 021 800 58 70

L’arvine qui joue la brut

On n’a pas encore causé des effervescents suisses, qui peuvent, eux aussi, amener bien des satisfactions durant la période de libations rituelles qui s’ouvre ce week-end. A Genève, il faut par exemple plonger son pif dans les petites bulles vives autant que lutines de «La Lune Blanche», chardonnay brut et sans reproche du Château-l’Évêque à Jussy. Dans un genre plus profond et corsé, voilà l’«Arvine extra brut sur falaise et schistes» du Domaine Phusis à Conthey, vin valaisan tout en tonicité, élégance et rectitude, délicatement parfumé d’agrumes et de fleurs blanches. On doit ce flacon précieux à Steve Bettschem, qui a longtemps été collaborateur du CAVE SA, avant de se décider, il y a une petite dizaine d’années, à passer de l’autre côté de la cuve. Il acquiert en 2007 une parcelle d’Arvine à Sensine, bientôt complétée d’autres parchets, qu’il cultive selon les préceptes astraux de la biodynamie. Résultats topissimes.

Phusis. www.phusis.ch. Tél: 079 482 32 01. Extra brut disponible chez Lavinia à Genève

Les cerdons du Bugey

Ne servez jamais un verre de Cerdon à un vieil œnophile coincé. Il vous rirait au nez. En traitant au passage votre vin de soda au raisin, de pinard pour fillette et d’on ne sait quelle autre méchanceté encore. Or, n’en doutez pas, un bon rosé du Bugey qui mousse peut procurer un vrai émoi bachique. A condition qu’il fasse montre d’un délicat équilibre entre acidité et douceur. De le servir à température idoine, sur un dessert de fruits. Un crumble à la fraise, par exemple. Il faut savoir que, si le Cerdon se siffle dans l’allégresse et la vélocité, son élaboration n’a rien d’un jeu d’enfant. A 80 kilomètres de Genève, les grands producteurs du Bugey, tels les bios Raphaël Bartucci, Alain Renardat-Fache et Vincent Balivet, maîtrisent ainsi un processus exigeant. Soit «la méthode ancestrale», une gazéification naturelle, garantie d’une grisante harmonie entre fruit, douceur et effervescence. Quatre-vingts kilomètres. Une heure de route. Mais pourquoi attendre?

Cerdon. Les bouteilles des producteurs cités sont distribuées par Lavinia, le Cave SA et le Passeur de vin.

Le poiré d’Eric Bordelet

Il est des cidres industriels, plats, prévisibles et sans âme. Et des cidres artisanaux, souvent âpres, rustiques et trop gazeux. Bref, cette boisson-là, si elle peut pétiller gentiment à la crêperie du coin, n’a a priori pas sa place sur une nappe de fête. Il existe toutefois des cidres exceptionnels, élaborés avec une tendresse et un tact digne des plus grands vignerons. On veut parler de la gamme d’Eric Bordelet, bien sûr. Cet ancien sommelier, devenu «sidrologue» et «poirologue», exploite bientôt 25 ans un verger bio dans la Mayenne où prospèrent une quinzaine de variétés de poires et le double de pommes. Ces fruits, il les assemble avec science, jongle avec les pommes fréquin, javron ou tête de brebis, comme d’autres avec les cépages. D’où des «sydres» et poirés d’une élégance inouïe, où la complexité le dispute à la pureté. Au côté des bouteilles de base, Bordelet propose deux «grands crus»: l’Argelette côté cidre et l’éblouissant poiré Granit, issu de très vieux arbres, dont la finesse de bulle, la longueur en bouche et les notes minérales évoquent un très grand… vin.

Sydre et poiré. La Vinothèque du Léman à Ferney, Cave SA, Passeur de vin, etc.

Le Mauzac de Gaillac

Il n’y a pas que la Champagne qui traîne une longue tradition de vin à bulles. Hou la, non! Prenez le vignoble de Gaillac, par exemple. Les historiens affirment que dans ce coin du Sud-ouest français, on élaborait des effervescents bien avant la naissance de ce cher Don Pérignon. Lequel aurait simplement adopté et aménagé la «méthode gaillacoise» à la fin du XVIIe. Dès la fin du siècle précédent, les crus produits dans la région d’Albi avaient grosse réputation et crépitaient sur les tables des potentats européens. Bref, avaler une gorgée du Mauzac nature des Plageoles, c’est ingurgiter une lampée d’histoire. Car ce vin-là est fabriqué selon des canons ancestraux, à partir d’un cépage farouchement autochtone autant que vintage. Voilà donc un profil atypique, peu conforme aux canons de la beauté effervescente d’aujourd’hui, rustique éventuellement pour les gosiers contemporains, où les amers, l’acidité et la douceur nous jouent une intempestive trignolette. A découvrir.

Mauzac nature. Chez Lavinia et au Passeur de vin (24 heures)

Créé: 23.12.2016, 17h11

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