A Milan, les écoles d’art jouent leurs cartes

DesignL’ECAL et la HEAD-Genève exposent jusqu’à dimanche des œuvres insolites – objets connectés et coucous revisités – au Salon international du meuble

L'ECAL explore les objets connectés et la réalité virtuelle dans son exposition

L'ECAL explore les objets connectés et la réalité virtuelle dans son exposition "When objects dream". Ici, un grille-pain se transforme en rampe de lancement et catapulte toutes sortes d'objets. La pièce est signée André Andrade et Giulio Barresi. Image: DR

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Jusqu’à dimanche, Milan vibre au rythme du design. Dans la gare centrale, c’est d’abord au son puissant et joyeux des tambours et d’autres percussions improvisées dans le cadre d’un événement musical, Shopping et Design, que le visiteur goûte au charme urbain et artistique de la cité lombarde. Alors que les milliers d’exposants du Salon international du meuble sont rassemblés au sein du Parc des expositions, en périphérie, les boutiques, les galeries et les cours intérieures du centre-ville livrent aux curieux, chacun à leur manière, un avant-goût prometteur des tendances à venir. Milan réunit pendant six jours l’élite du design mondial: il faut être là pour voir et être vu. L’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL) et la HEAD-Genève ne manqueraient l’événement sous aucun prétexte.

C’est à dix minutes à pied, au nord de la place du Dôme, à la via dell’Orso, que l’école vaudoise dirigée par Alexis Georgacopoulos a élu domicile depuis quelques années déjà pour exposer les créations de ses élèves. Comme les deux dernières éditions, l’institution cherche l’interaction avec le public. Si ailleurs on ne touche surtout pas les objets, là, on les prend en main et on bouge avec eux en leur obéissant. «When objets dream» a été conçu par les étudiants en bachelor Media et Interaction Design. «Milan est l’occasion d’explorer des pistes inédites, c’est un magnifique laboratoire d’idées, souligne Alexis Georgacopoulos au début de la visite. Cette année, nous avons expérimenté la réalité virtuelle en proposant de s’immerger dans les objets.»

Ainsi théière, lampe, toaster ou encore métronome ouvrent leur monde intérieur au public. Grâce à la réalité virtuelle, le visiteur découvre des murs de textes et de lettres volantes à travers la tranche d’un dictionnaire imaginé par Pietro Alberti et Elise Migraine. Bluffant! Autre pièce originale créée par Pierre Allain-Longval et Mathilde Coson: une pompe à vélo qu’on active manuellement et qui gonfle virtuellement un ballon sur un écran… jusqu’à l’explosion surprenant l’utilisateur, et particulièrement les plus jeunes. «On est obligé de prendre des postures inattendues, note le directeur. De nombreux objets sont sans fil. Le challenge est de ne pas montrer la technologie embarquée de manière intimidante.»

L’originalité du projet vaudois a conquis le site de l’influent magazine du design Dezeen, qui l’a cité parmi les 10 expositions à voir à Milan dès le début de la manifestation. «L’impact sur la fréquentation s’est immédiatement fait sentir le jour même de la parution», confirme Alexis Georgacopoulos. Quelques minutes après l’ouverture de la galerie, mercredi matin, on a effectivement pu constater que le public était déjà nombreux.

Casser le cliché du coucou

La HEAD-Genève a choisi, elle, le quartier de Lambrate, à six kilomètres au nord-est de la ville, connu pour héberger plusieurs grandes écoles de design et autant d’ateliers de créatifs. Dans un bâtiment industriel bétonné de la via Sbodio, un oiseau géant jaune ouvre la porte de l’exposition «24 Hours in the Life of a Swiss Cuckoo Clock». Emblème suisse, le coucou réinventé par les étudiants en bachelor et master de diverses formations de l’école genevoise, mais aussi par des designers internationaux, donne un tout autre visage de la vie alpine idéalisée.

Le projet a pris forme il y a deux ans sous l’impulsion de son directeur, Jean-Pierre Greff, qui a invité le designer suisse Claudio Colucci à un workshop. Une dizaine de pièces sont nées de cette émulation artistique, suivies d’autres œuvres réalisées par des designers tels que James Auger ou Camille Scherrer.

«Le coucou peut être autre chose qu’un cliché, explique Jean-Pierre Greff. Il devient un objet de résonance aussi bien imaginaire que critique ou ludique. Je voulais que nos projets échappent au simple relooking. Ils sont devenus une réflexion sur le temps.» Tel un oiseau de compagnie, le coucou de Dorothée Loustalot donne l’heure dans une cage en métal. Celui de Wendy Gaze égrène une année sur un rouleau de papier. L’oiseau s’y imprime à chaque demi-heure. L’exposition a déjà voyagé à Paris, à Hong Kong, à Boston, à Montréal ou encore à Genève, dans le cadre du Salon international de la haute horlogerie. A Milan, elle se raconte dans une scénographie moderne et élégante, à l’image des pièces qu’elle contient.

(24 heures)

Créé: 15.04.2016, 08h50

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