Bienne et ses toiles en français draguent les Alémaniques

CinémaLe Festival du film français d’Helvétie se déploie avec un prosélytisme gourmand

A Bienne, le public pourra discuter avec Jean-Pierre et Luc Dardenne.

A Bienne, le public pourra discuter avec Jean-Pierre et Luc Dardenne. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’idée de frontière a inspiré suffisamment de films, elle pouvait bien enfanter un festival. Depuis onze ans, Bienne trempe ainsi son bilinguisme dans le cocktail du FFFH, un Festival du Film Français d’Helvétie qui n’est rien de moins que le principal rassemblement de longs métrages francophones offerts au public suisse. Avec pour objectif affiché un sain prosélytisme envers les populations alémaniques, il a ouvert mercredi sa 12e édition, via un programme aussi dodu que sa démarche est ambitieuse.

Jusqu’à dimanche, Bienne décore ainsi littéralement ses murs de bleu, de blanc et de rouge, et déroule un tapis tricolore sur ses trottoirs, avec 40 invités pour le fouler et présenter une soixantaine de films, dont 23 grandes premières (films pas encore projetés dans leur pays de production). Parmi elles, des œuvres aussi attendues que le nouveau bambin des frères Dardenne, qui dévoileront leur Fille inconnue samedi soir sur la scène du Cinéma Rex. A découvrir aussi les nouveaux Danièle Thomson (Cézanne et moi), Nicole Garcia (Mal de pierre! ), Thomas Kruithof (La mécanique de l’ombre ) ou la comédie Radin! de Fred Cavayé.

Menu pléthorique

Des inédits en salles suisses sont aussi au programme, comme le bien noté Les premiers, les derniers de l’anar belge Bouli Lanners. A (re)voir enfin, plusieurs films en instance de sortie alémanique, comme le fort polémique Ma loute, de Bruno Dumont, le dernier Delépine Kervern (Saint- Amour) ou Quand on a 17 ans, d’André Téchiné. Cinéma jeune public, comédies, documentaires gonflent encore le menu pléthorique d’un festival à découvrir à travers les trois salles de la cité bernoise.

«Ça fonctionne de mieux en mieux», promet le directeur et cofondateur du FFFH, l’exilé genevois Christian Kellenberger, qui annonçait 14 ?500 spectateurs au terme de l’édition précédente. Venu rejoindre enfant les 35% d’habitants francophones de la ville, il a eu l’idée de ce festival dédié aux Biennois germanophones, «qui viennent en masse voir les films proposés. Je crois qu’il y a une vraie curiosité des Alémaniques pour le cinéma français, tout de même la 3e production mondiale. Nous réalisons en ce sens un gros travail de sous-titrage, également pour toutes les discussions publiques. Le festival symbolise bien l’esprit métissé de notre identité suisse.»

Toujours plus solide sur le plan international, le FFFH a su aussi séduire ses invités, dont 80% reviennent au moins pour la deuxième fois. «Kacey Mottet Klein sera là pour la 8e reprise, et il n’a que 18 ans», se réjouit le directeur. L’acteur lausannois comptera parmi les intervenants de la Journée Blanche, samedi, dans le cadre d’un grand forum de discussion autour du bilinguisme: entre samedi et dimanche, le public pourra discuter avec des invités aussi divers que les frères Dardenne, la cinéaste Lola Doillon, le danseur Jérémie Bélingard ou encore Jacob Berger, qui présentera Un juif pour l’exemple dimanche soir, en final de cette 12e édition.


Bienne, cinémas et divers lieux
Ce soir (dès 19 h), ve (12 h), sa et di (9 h)
www.fffh.ch (24 heures)

Créé: 15.09.2016, 09h59

Articles en relation

La jeune photographie s'éclate à Bienne

Festival Les Journées Photographiques fêtent leurs 20 ans sur un spectre visuel large. Parcours Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Paru le 13 décembre.
(Image: Bénédicte) Plus...