«Je devais jouer à la guitare mais c’est ma voix qui a plu»

InterviewVoix soul loin des artifices muséaux, Michael Kiwanuka parlait Nirvana, Clapton et skateboard quelques heures avant de jouer en vedette au Lab du Montreux Jazz.

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Charmant comme on l’imagine, Michael Kiwanuka ne trahissait ce jeudi après-midi ni son impatience de monter au chalet de Claude Nobs pour mater la collection de vinyles, ni son excitation à retrouver le Montreux Jazz le soir même,en vedette après l’avoir humé en découverte il y a cinq ans. «Ado, j’en ai écouté quelques-unes, des albums live à Montreux! On ne doit pas se planter.»

– Vous êtes fan de disques live?
– Dans mes disques favoris, il y a From the Muddy Banks of the Wishkah, de Nirvana, et Rust Never Sleeps, de Neil Young. Des live qui se sont souvent vendus mieux que des studios. C’est étonnant, on n’en sort plus.

– Votre deuxième album studio, lui, est sorti il y a un an pile.
– J’ai adoré cette année, surtout pour la tournée. Avec l’expérience et les éléments rock du disque, la musique est plus intense. Elle demande plus d’efforts mais amène plus de satisfaction.

– Une version de la chanson «Love & Hate» vous montre en studio, blindé de matériel analogique: un manifeste?
– Presque. En fait, j’aime les clips live, celui de Pink Floyd à Pompéi ou Let It Be des Beatles.

– Vous n’avez évoqué que des artistes «anciens». Vous n’avez pas peur de cette étiquette vintage que l’on vous colle?
– On me pose souvent la question. Quand j’étais ado, les années 60 et 70 me semblaient la meilleure période musicale en termes d’émotion brute. Désolé, mais mon avis n’a pas changé! (Rire) C’est une musique qui respire, qui ose les imperfections et dont j’aime l’aspect «do-it-yourself», un peu comme le jazz.

– L’émotion est dans la voix?
– Ça dépend. Chez Marvin Gaye, oui. Chez David Gilmour, elle est dans sa guitare. Chez Jimi Hendrix, elle est dans la voix ET dans la guitare!

– Votre propre voix, comment l’avez-vous découverte?
– A l’école, dans le cadre d’une classe musicale. Je devais faire une reprise d’Eric Clapton, Heaven is one Step Away, un truc à la guitare mais c’est ma voix qui a plu aux gens — des mecs qui me regardaient de haut jusque là. J’ai compris pas mal de trucs ce jour-là.

– Cela a inspiré la chanson «Black Man in a White World»?
– En partie. Tardivement, je me suis rendu compte combien je m’étais branché sur des goûts pas forcément «noirs»: la musique rock, le skateboard (un truc longtemps très blanc). Je ne le vivais pas mal. Mais en tournée (celle du premier disque surtout), le fait d’avoir un public très blanc m’a révélé fortement cela. J’ai écrit cette chanson comme un constat, en observateur. (24 heures)

Créé: 13.07.2017, 20h11

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