Sereine malgré tout, la Grange livre un menu minceur mais équilibré

ScèneLes péripéties internes n’ont pas perturbé l’annonce du programme 2019 du Théâtre du Jorat, entre rires, larmes et chansons.

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Il y avait des mains à serrer, mardi matin à Mézières. Et Christian Ramuz, à l’entrée de la salle communale, n’en a pas raté beaucoup. Pas (encore) un politique en campagne, il se présentait en tout neuf président du conseil de fondation du Théâtre du Jorat à l’occasion du dévoilement du menu 2019.

Le 20 novembre dernier, la Grange sublime annonçait en effet la démission en bloc de son bureau exécutif, en réaction au refus par le Service des monuments et sites du canton de Vaud et par l’Office fédéral de la culture d’un avant-projet proposant une réfection importante du bâtiment, documentée et défendue depuis deux ans. «Nous avons connu quelques petits changements, résume Christian Ramuz au micro, suite à quelques dissensions avec le Canton — peut-être un malentendu.»

Selon Michel Caspary, le «coup de semonce» de cette démission n’aurait pas suscité de réactions tonitruantes dans la population locale. «Sans doute parce que les gens n’ont pas d’inquiétude pour l’existence même du théâtre, qui a achevé à l’équilibre l’exercice financier en cours, avec 14 représentations complètes sur 22», poursuit le directeur.

C’est donc une salle communale sereine, bondée (le Jorat a ceci de singulier qu’il ouvre sa présentation de saison aux abonnés et invite quelques artistes) qui a accueilli les 13 propositions dévoilées par des responsables tournés vers le seul objet artistique. Un menu minceur qui s’explique par la concurrence de la Fête des Vignerons, du point de vue des spectateurs comme des productions romandes, peu enclines à se frotter l’année prochaine au mammouth veveysan. Quelques propositions, notamment musicales, devraient se greffer avant l’ouverture, le 26 avril prochain, sur les ailes de Shakespeare selon Dan Jemmet.

Poursuivant sa ligne artistique populaire et de qualité, la Grange sublime repose sur ses piliers de théâtre, d’humour et de chanson. Avec un court avantage pour cette dernière, bien représentée avec les concerts d’Aliose, de Marc Aymon format accordéons et un hommage multicasquettes à Bourvil, mené par Thierry Romanens, Pierre Aucaigne et Pascal Rinaldi. La musique classique rebondira sur les cordes vocales du Chœur Faller Lausanne, pour un hommage à Beethoven et Cherubini. Un opéra-bouffe, «Les chevaliers de la Table ronde», fera à Mézières une étape de la Route lyrique.

En théâtre, après son ouverture shakespearienne (lire encadré), le Jorat reçoit une lecture de «La Traviata» et le spectacle pas moins poignant de Karim Slama, «L’évadé». Il retrouve aussi une remise à neuf d’une pièce qui avait vu le jour sur ses planches en 1985, «Croix du sud», selon le texte d’Émile Gardaz. «Odysseus Fantasy», de la Cie des ArTpenteurs, bouclera la saison sur une note de folie baroque. Rayon zygomatiques, Recrosio et Rosset parleront de leurs «Amis», Lambiel et Donnet-Monay de «Nous». Avec enfin une «Danse du soleil» mise en musique par le Geneva Camerata, le Jorat veut croire en un avenir radieux.

Locations: 021 903 07 55 et www.theatredujorat.ch


Coups de cœur


«Traviata - vous méritez un monde meilleur»

Cent fois revisitée, l’histoire de «La Traviata» (littéralement, la «mauvaise fille») continue d’inspirer les jeunes créateurs. Le théâtre parisien des Bouffes du Nord en a livré une version tout en audace et en émotion, où les musiciens jouent au milieu des comédiens, où les sources littéraires et documentaires s’entremêlent. Avec une économie de moyens inventive et une immense fantaisie, cette «Traviata» a fait rire et pleurer la critique comme le public.


Marc Aymon

Toujours bien occupé par le succès de sa relecture d’un répertoire national enfoui, le chanteur adapte ses «chansons éternelles» aux trente accordéons de la Ville de Bulle. Trop de folklore nuit-il au folklore? Pas sûr. Les planches du Jorat devraient adorer cette plongée vers les années de leur naissance.


«Je suis invisible!»

Dan Jemmett s’est livré corps et âme à Shakespeare, qu’il honore de toute sa fantaisie enfantine depuis le succès de «Shake». Le metteur en scène revient au Jorat avec une œuvre inspirée du «Songe d’une nuit d’été», où la forêt enchantée abrite les fées et les amants. Une invitation à l’émerveillement, ludique et interactive. (24 heures)

Créé: 27.11.2018, 20h05

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