Un «Petit Fantôme» va hanter de sa pop les rues de la Cité

FestivalAu rayon musical de l’événement lausannois, qui démarre ce mardi, le Basque vaut le détour.

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Entre rejet des réseaux sociaux et goût pour la pop des années 90, <i>Petit Fantôme</i> a tout pour plaire.

Halo Entre rejet des réseaux sociaux et goût pour la pop des années 90, Petit Fantôme a tout pour plaire. Image: DR

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Se placer hors des radars et hors des modes pourrait être la meilleure façon de faire parler de soi en 2018. Jouer de la bonne musique, aussi. Autant de critères pour se retrouver au Festival de la Cité, dont la 47e édition démarre ce mardi avec des performances, du théâtre, de la danse, et bien sûr de la musique.

Les concerts constituent une bonne moitié des 90 spectacles au menu du rendez-vous lausannois, qui revendique un éclectisme particulièrement palpable dans son offre musicale (lire encadré). Et Petit Fantôme, jeudi, ne sera pas le moins insaisissable parmi les invités des 18 scènes et lieux artistiques disséminés dans le périmètre historique.

Sortir des radars? S’exiler des réseaux sociaux, déjà. Ce qui pourrait s’apparenter à un suicide marketing n’était que nécessité pour Pierre Loustaunau, l’âme derrière ce gentil spectre qui hante la pop française depuis 2013. Marre des grandes villes, marre de l’information immédiate et continue, marre aussi d’une certaine notoriété que lui avait apportée son rôle de multi-instrumentiste au sein du groupe «über tendance» Frànçois & The Atlas Mountain.

Manque de bol: à peine a-t-il quitté la formation et Paris pour revenir dans son Pays basque natal que, déjà, «Les Inrockuptibles» et autres prescripteurs du in et du out ensevelissaient sous le dithyrambe les travaux du reclus de Bayonne, dont une première mix tape bricolée sur guitares et synthés.

«Je déteste montrer que j’existe, la géolocalisation me fait horreur»

«J’aime la vie lente, la contemplation, habiter entre montagne et océan», confessait-il à la revue «Magic», à l’occasion de la sortie de son premier album l’an dernier. «Je déteste montrer que j’existe, la géolocalisation me fait horreur». Son besoin d’être hors-sol passe par un hors temps musical mobilisant une décennie oubliée, celle des nineties, époque où les quadras d’aujourd’hui achetaient des CD qu’ils n’ont pas mis sur Internet — les archives musicales des années 90 sont d’autant plus spectrales qu’elles n’existent pratiquement pas sur YouTube et qu’elles n’ont pas été citées dans les œuvres d’une nouvelle génération, à l’inverse des eighties.

Hommage au rock «indépendant»

Les héros de Petit Fantôme se nomment ainsi Nada Surf, Grandaddy, Pavement, artisans de ce que le rock pouvait encore revendiquer d’«indépendant», à l’époque où la vente d’un disque pouvait épargner à un musicien de se transformer en support publicitaire. Mais même dans son refuge temporel, la hype retrouve le Basque, et la nouvelle pop française commence à renifler dans cette musique faite de mélodies sucrées salées, de larsens raisonnables, de voix indolentes issues de la britpop, un charme canaille et fort branché.

Et Petit Fantôme de couvrir soudain de son voile une nouvelle garde de chansonniers pop, trentenaires élevés aussi bien dans la tradition française que dans une ascendance anglo-saxonne, chantant indifféremment dans les deux langues et sautillant gaiement entre les styles, les décennies, le bon et le mauvais goût. Nouveau modèle de chanteur pop indépendant et malin, Petit Fantôme mérite que l’on s’accroche à sa chaîne. (24 heures)

Créé: 10.07.2018, 09h20

Infos pratiques

Lausanne, Cité
Du ma 10 au di 15 juillet
Petit Fantôme: Scène Face Nord, jeudi 22 h

www.festivalcite.ch

Le festival qui brasse les musiques

Du populaire qui ne passe pas à la radio. Le credo du Festival de la Cité pourrait se résumer ainsi, tant sa programmation à 360 degrés ne met aucun style au rebut et mélange les goûts — le rendez-vous lausannois ose même un concert de death metal, l’un des genres les plus inaudibles depuis l’invention de la double grosse caisse et de Zaz.



L’affaire se nomme Kakothanasy et se pliera sous les marches du pont Bessières (scène Les Marches), jeudi à 19 h 15.



Parmi la quarantaine de concerts prévus durant six jours, on oriente aussi le projecteur sur celui de
Dope Saint Jude, rappeuse sud-africaine qui pose un flow vieille école sur des instrus modernes et, visuellement, joue sur les codes qu’elle malmena plus tôt dans un collectif drag-king où elle pêcha son bagout comme son surnom. À écouter au Grand Canyon, mercredi à 23 h.



Parmi les Romands de l’étape, Bombers compte une moitié lausannoise de Larytta et Honey For Petzi. Claviers d’époque pour son actuel et virée groovy et supersonique, à tester au Grand Canyon jeudi à 0 h 30.

Entre deux concerts de rap (Rootwords, Big Zis, Nadia Rose), d’electro (Shortparis), de folk (Michael Chapman, Sam Amidon, Cyril Cyril), de jazz (Ill Considered, The Bad Plus), de classique (Luca Pianca), de world (Guy One, La Bande à Pied) et de rock sous toutes ses coutures (Suuns, The Deadline Experience, Chassol, Peter Kernel, l’Orage, etc.).

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