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David Lynch entrouvre son âme dans «L’espace du rêve»

L’artiste a beau scruter sa vie, s’exposer à Morges et Sion. L’énigme demeure.

À 72 ans, David Lynch, cinéaste, plasticien, poète, né dans le Missoula, campe sur la montagne magique d’une œuvre singulière.
À 72 ans, David Lynch, cinéaste, plasticien, poète, né dans le Missoula, campe sur la montagne magique d’une œuvre singulière.
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À 72 ans, David Lynch, cinéaste, plasticien, poète, né à Missoula dans l'Etat américain du Montana, campe sur la montagne magique d’une œuvre singulière. En une poignée de films, lithographies, dessins jaillis de son inconscient, le maître a planté les indices d’un jeu de pistes à jamais inachevé. «L’espace du rêve», ample autobiographie, allait donc satisfaire les curiosités, peut-être résoudre des énigmes. Même augmentées de témoignages inédits, annotés de réflexions pêchées dans les archives, ces quelque six cents pages donnent plus de solide opacité au mystère qu’elles ne le clarifient.

Pourtant, avec une innocence cultivée dans sa pratique assidue de la méditation transcendantale, le maître se confie dans les moindres détails. Ainsi raconte cet être désarmant, après «Blue Velvet», qui lui vaut une reconnaissance mondiale, il ne trouve «guère d’offres d’emploi», erre entre New York et l’Europe. Grâce à sa compagne Isabella Rossellini, son amitié avec Marcello Mastroianni, il lui est offert de passer une journée à Cinecittà, avec son idole absolue, Federico Fellini. «Je me suis assis près de lui, on a immédiatement sympathisé.» Et basta, Lynch n’en a pas dit plus à son cher maestro. Par contre, «Dreams», l’exposition de Sion, à la Maison du Diable, fusionne leurs univers dans des encres oniriques plus éloquentes. Lynch voit comme un signe d’être né le même jour que Fellini. Voir encore ses fulminations se matérialiser dans la présentation du Musée Alexis-Forel, à Morges (également jusqu’au 16 décembre). Avec candeur, Lynch avoue dans son autobiographie: «Face aux pages de ce livre, je ne peux m’empêcher de penser: ce n’est que la partie visible de l’iceberg».

Dans sa tête, «une bibliothèque d’idées» lui évite la surchauffe mentale. À ce titre, l’épisode «Twin Peaks», inventorié dans ses avatars successifs, sidère, tel une tumeur cérébrale qui aurait enflé et contaminé la créativité dans ses moindres terminaisons nerveuses. «Globalement, dit-il pourtant de son passage ici-bas, je sentais que tout allait bien se passer.» Mais Laura Palmer ne reposera jamais en paix.

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