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«Le Direktør» de Lars von Trier en reste à la pochade avec la Cie L’Alakran

Actuellement à Vidy, la mise en scène d’Oscar Gómez Mata étouffe ses perspectives par trop de burlesque

La troupe de joyeux lurons de l'entreprise du «Direktor» en pleine séance de pantalonnade.
La troupe de joyeux lurons de l'entreprise du «Direktor» en pleine séance de pantalonnade.
Steeve Iuncker

On se plaint parfois d’un théâtre contemporain transformant ses mises en scène en cours de représentation et «lésant» potentiellement les premiers spectateurs d’une pièce qui n’aurait pas encore trouvé sa forme optimale. Rien de tel avec l’adaptation que donne la Compagnie L’Alakran du metteur en scène genevois Oscar Gómez Mata, du film Le Direktør du cinéaste danois Lars von Trier.

Présentée à La Bâtie, en septembre dernier, la pièce arrivait mercredi à Vidy pour quatre représentations avant de partir à Yverdon la semaine prochaine. L’occasion de remarquer que, dans ce cas précis, peu d’éléments avaient été modifiés depuis le dernier filage, vu juste avant la première.

Le pitch demeure: le responsable de boîte qui s’est toujours caché derrière la figure d’un directeur invisible somme un comédien de jouer le rôle du supérieur. Le jeu des acteurs est toujours excellent – même si David Gobet, dans les habits du faux directeur, accentue la caricature –, certains raccords semblent même avoir été fluidifiés et quelques jeux de lumière et d’écrans ont été ajoutés.

Mais le principal n’a pas bougé. D’une comédie grinçante glissant chez von Trier entre humour et atmosphère lugubre, Oskar Gómez Mata passe à un burlesque un peu loufoque qui semble dire que l’on peut rire de tout, du bien, du mal, du jargon RH et des licenciements. Ce que la pièce, pétrie comme il se doit de déflagrations de musique pop dansée, gagne en comique, elle le perd en tension dramatique et les épisodes se succèdent – joliment enlevés par les comédiens, il faut le répéter – sans mener à aucune destination que quelques rires amusés.

Seul subsiste de ce naufrage rigolard dérivant du côté de la pochade pour machine à café quelques variations réflexives sur l’art du comédien et la manipulation théâtrale, mais la moisson est bien modeste si on la compare à celle du cinéaste, qui lestait le propos d’un malaise autrement plus profond.

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