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Les éblouissantes visions d’«Amour et Psyché» et d'Omar Porras ne masquent rien

Première création du directeur du Kléber-Méleau en son théâtre, l’œuvre de Molière et Corneille flatte l’œil mais peu l’esprit

Psyché (Jeanne Pasquier) entre ses pimbêches de soeurs, Aglaure et Cidippe qui, elles aussi, attendent l'amour.
Psyché (Jeanne Pasquier) entre ses pimbêches de soeurs, Aglaure et Cidippe qui, elles aussi, attendent l'amour.
Mario Del Curto

Les lumières créent des aurores boréales sur les gammes de l’arc-en-ciel, les feux d’artifice ponctuent l’arrivée des dieux, les décors déploient des illusions changeantes où l’on passe d’un feu tribal à un palais dans les nuées, et les masques et costumes font défiler des personnages nimbés de fantastique, avec même l’irruption d’un dragon oriental aux gros yeux jaunes et luminescents.

Le kitsch baroque d’Omar Porras, directeur du TKM, s’épanouit dans cet Amour et Psyché, adapté d’une tragédie-ballet de Molière et Corneille créée en 1671 dans la salle des machines des Tuileries. L’univers de ses tableaux visuels est celui du rêve, de la féerie et tant pis si la «belle» Psyché, éprise d’Amour, fait surtout songer à une Barbie écervelée.

Mais que retirer de cette pyrotechnie des apparences? Sous le feuilletage des textes invoqués (Apulée, La Fontaine…), il s’agit surtout de redonner vie, avec faste, à une histoire qui plonge ses racines dans le mythe. Les tentatives d’insuffler des perspectives plus actuelles demeurent à l’état embryonnaire (les faux-semblants ou la démocratisation de l’amour). Un rap versifié ne suffit pas, tout comme le joli clin d’œil sur les artifices de la scène avec le canular d’une panne électrique dans le théâtre.

La séduction des dieux permettait d’activer des ressorts dramatiques plus profonds (ou plus superficiels encore, dans le respect de notre époque). De cette fantasmagorie où certains acteurs doivent encore améliorer leur diction, il reste un plaisant divertimento coloré, mais pas par la prise de risque.

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