L’éditeur François Rossel laisse Empreintes

DécèsLe fondateur de la maison d’édition dévouée à la poésie s’est éteint à l’âge de 60 ans.

François Rossel (à dr.) et Alain Rochat en 1985, alors qu'ils étaient encore éditeurs en herbe, au début de la longue histoire d'Empreintes.

François Rossel (à dr.) et Alain Rochat en 1985, alors qu'ils étaient encore éditeurs en herbe, au début de la longue histoire d'Empreintes. Image: Gilles Simond

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La maison d’édition Empreintes venait de fêter au début de l’année ses trente ans au service de la poésie romande. Cette demeure pour tous les amoureux du verbe et du papier est désormais orpheline de son fondateur, François Rossel, qui vient de décéder à l’âge de 60 ans. L’ancien enseignant, rapidement rejoint par Alain Rochat, s’était lancé au début des années 1980 dans une cave lausannoise où les deux partenaires composaient au plomb avec du matériel récupéré chez un imprimeur.

Leur entreprise fut presque immédiatement adoubée par Maurice Chappaz qui leur confie en 1986 l’édition du Livre de C, ouvrage consacré à sa femme, l’auteur Corinna Bille. «Je ne sais pas comment les choses se sont passées, on s’est pris d’amitié… Parfois, les rencontres sont un peu magiques…, confiait François Rossel à la revue culturactif.ch. Il nous a d’emblée proposé deux de ses manuscrits, à notre grande surprise. J’ai toujours été fasciné par ce monsieur que j’ai essayé d’apprendre à imiter. Il y a un côté, pour moi, presque paternel là-dedans. Au fond, quelque chose se matérialisait. Je l’avais beaucoup lu, je l’avais beaucoup estimé, j’avais dit ses poèmes à haute voix.» Forts de cette onction, Empreintes attirera d’autres plumes respectables de la littérature romande, parmi lesquelles Alexandre Voisard, Pierre-Alain Tâche ou François Debluë.

Au fil des ans, la petite maison d’édition devient un acteur incontournable de l’activité poétique en Suisse francophone et réalise plus de 170 parutions. Mais, animée par l’échange entre régions linguistiques, elle n’a jamais pour autant oublié les auteurs alémaniques ou tessinois. De même, le dialogue entre l’écrit et l’image a aussi souvent été abordé dans son catalogue. Un travail, poursuivi par Alain Rochat et Olivier Beetschen, qui porte sa mémoire. (24 heures)

Créé: 09.11.2015, 17h44

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