L’étoile de René Goscinny brille au plus haut à Paris

Expositions Deux accrochages passionnants retracent la carrière et le parcours du célèbre scénariste, disparu il y a juste 40 ans.

René Goscinny à sa table à dessin, dans les années 50.

René Goscinny à sa table à dessin, dans les années 50. Image: DR/Anne Goscinny/prêt de l'institut René Goscinny

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C’était il y a quasi quarante ans, le 5 novembre 1977. Juché sur un vélo d’appartement dans le cabinet de son cardiologue, René Goscinny, 51 ans, se livre à un banal test d’effort. «J’ai des douleurs dans les bras, un point au niveau du cœur. Que dois-je faire, docteur?» prévient soudainement le scénariste d’Astérix. «Continuez!» ordonne le médecin. On connaît la suite. Goscinny s’effondre brusquement, victime d’une crise cardiaque.

Quatre décennies plus tard, l’aura du cocréateur du Petit Nicolas et autres Iznogoud n’a pas faibli. A Paris, le Musée d’art et d’histoire du judaïsme lui rend hommage à travers une vaste rétrospective, riche de plus de 250 documents – planches et scénarios originaux, photos, archives familiales. On y présente un auteur à la fois extrêmement connu et sur certains points encore méconnu. Un tour d’horizon passionnant, mis en valeur par une scénographie sobre et efficace.

A l’entrée, la fameuse machine à écrire portative Royal Keystone sur laquelle Goscinny écrivit la plupart de ses scénarios, dont les très nombreux titres défilent sur un écran, juste au-dessus. L’œuvre est immense. Elle prend ses racines dans le judaïsme de son enfance, s’enrichit au fil de deux exils successifs en Argentine et aux Etats-Unis. Fils d’émigrés juifs originaires de Pologne et d’Ukraine, Goscinny perdra une bonne partie de sa famille dans les camps de concentration. L’expo documente parfaitement cette partie de sa vie, blessure secrète dissimulée par le rire. Elle montre également ses premiers pas professionnels à New York, où il fréquente les fondateurs du célèbre magazine d’humour Mad. Aux States aussi, il rencontre Morris, le créateur de Lucky Luke, qui cherche un bon scénariste…

Dessinateur lui-même – l’exposition exhume ses premiers travaux, au style un peu raide – Goscinny va vite lâcher ses crayons pour livrer quantité d’histoires dans des domaines aussi divers que le western, la chronique familiale, le récit didactique ou l’humour, bien sûr. Aux cimaises, des superbes planches et dessins de Jijé, Franquin, Attanasio, Paape, Tabary, Sempé ou Uderzo en témoignent.

A la Cinémathèque française, dans le XIIe arrondissement, une autre exposition pointe l’apport de Goscinny au cinéma, lui qui fut notamment «gagman» pour Bourvil et écrivit des dramatiques télévisées avec Jean Rochefort. On se souvient surtout du film Le viager, tourné par son ami Pierre Tchernia. Mais le reste de l’œuvre, ponctuée de deux dessins animés importants (Les douze travaux d’Astérix e t La ballade des Dalton), vaut incontestablement le détour.

«René Goscinny, au-delà du rire» Musée d’art et d’histoire du judaïsme, 71, rue du Temple, Paris (3e). Jusqu’au 4 mars 2018

(24 heures)

Créé: 12.10.2017, 18h44

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