Il faut aider Sentinelles, amie des innocents qui souffrent

HumanitaireLa lutte entamée il y a 35 ans par Edmond Kaiser est racontée dans une exposition à Lausanne.

Au Sénégal, dans des internats aux conditions de vie extrêmement dures, de nombreux enfants apprennent le coran et mendient pour le responsable du lieu, un marabout. Leur chance, c'est de voir arriver sur les lieux un émissaire de la fondation Sentinelles.

Au Sénégal, dans des internats aux conditions de vie extrêmement dures, de nombreux enfants apprennent le coran et mendient pour le responsable du lieu, un marabout. Leur chance, c'est de voir arriver sur les lieux un émissaire de la fondation Sentinelles. Image: YVAN MURISET

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Que font-ils, en ce moment, les enfants sénégalais que l’on voit sur les photographies ci-contre? Sont-ils dans la rue en train de mendier en espérant ramener assez de pièces pour éviter les coups de fouet du marabout? Sont-ils déjà revenus au daara, l’internat où ils ont tout juste à manger, où ils dorment dans la crasse et la gale, où ils apprennent le Coran heure après heure, jour après jour? Heureusement pour eux, Sentinelles est passée par là, alors ils peuvent avoir un peu d’espoir de voir leur vie changer.

L’ancienne association, devenue fondation, créée par Edmond Kaiser il y a 35 ans, rayonne de Lausanne pour venir en aide aux innocents dans de nombreux pays de la planète. Elle est implantée au Burkina Faso, au Sénégal, en Colombie, à Madagascar, au Niger, dans la République démocratique du Congo (RDC); elle agit aussi ponctuellement dans d’autres pays. La route est longue, l’imagination des humains, quand il s’agit de cruauté, d’abus de pouvoir, est infinie. Sur cette route, il y a les enfants conducteurs d’aveugles, qui ont le malheur d’être nés non seulement dans la pauvreté, mais aussi de parents qui ne voient pas. Ils conduisent les parents et ils mendient. C’est leur vie.

Les enfants vivent sous la menace de punitions infligées par le marabout.

Il y a les enfants martyrs, torturés, humiliés, pour des croyances, des coutumes. Les enfants affamés, qui sont si sages, qui ont l’air si absents, parce qu’ils sont déjà ailleurs, en train de mourir. Les enfants des prisons, punis, oubliés, pour trois fois rien, issus de familles particulièrement démunies. Les enfants atteints du noma, la maladie qui défigure et tue si on n’agit pas. Personne ne se préoccupait de ce fléau avant que Sentinelles n’intervienne et fasse œuvre de pionnier dans ce domaine. Elle l’a aussi été en ce qui concerne les mutilations sexuelles, en dénonçant et en venant au secours des jeunes femmes victimes de ces tortures. Sentinelles veille aussi sur les jeunes filles violées par des groupes d’hommes armés, et épaule les femmes victimes de fistules – séquelles d’accouchements prolongés –, incontinentes, qui sont rejetées par la communauté.

Quelques sourires enfin. Le surveillant n’est pas là. Mais un enfant l’imite.

Pour tous, Sentinelles, depuis trente-cinq ans, agit. La fondation prend en charge la réparation chirurgicale des femmes blessées; elle met en place des dispositifs de secours pour redonner moyens, force, courage aux femmes brisées; elle crée des foyers où mettre à l’abri les enfants battus, puis leur donne accès à une vraie scolarité; elle recherche, soigne, nourrit, transfère en Europe les enfants le plus gravement atteints du noma pour y être opérés; elle travaille à la libération, à l’éducation, des enfants des prisons. Elle essaie de convaincre, en les aidant, les parents de sortir leurs enfants les plus meurtris des daaras, de leur offrir une vie décente. Il faut négocier, dialoguer.

On peut trouver effrayante la liste de tous ces maux, elle peut faire peur et pousser à fermer les yeux. Mais Sentinelles, dont l’histoire et la mission sont intelligemment présentées à l’Hôtel de Ville à Lausanne, a besoin de soutien. D’argent. Pour aller vers chaque être humain, loin des unes de l’actualité, lui offrir un accompagnement personnel, minutieux, compétent et fidèle, tenant compte de tous les aspects de sa vie à construire et de sa réinsertion sociale (alimentation, soins médicaux, scolarisation, suivi familial et social, formation professionnelle et outils permettant d’exercer un métier, microcrédits). Sentinelles dispose de moyens provenant essentiellement des dons du public, mais les temps sont durs, les ressources manquent. Il y a moins d’argent, pas moins de détresse. Les regards des enfants et des femmes, dans l’expo lausannoise, le disent très fort. (24 heures)

Créé: 06.06.2015, 13h45

Une expo pour comprendre

Forum de l’Hôtel de Ville à Lausanne. lu-ve 10 h-18 h, sa 9 h-17 h, entrée libre.

Les 35 ans de Sentinelles.
Espace dédié à Edmond Kaiser.

Photographies:

«Captives» (Madagascar), images de Stéphanie Buret à la prison d’Antanimora. «Les enfants talibés de Mbour (Sénégal), images d’Yvan Muriset.

Concert le vendredi 12 juin à 17 h 45.
Bricolages pour enfants le samedi 13 juin de 14 h à 17 h.
www.sentinelles.org
CCP 10-4497-9

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