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Le festival Alt. + 1000 saute d’une montagne à l’autre

Après quatre éditions à Rossinière, la manifestation renaît dans le canton de Neuchâtel et renoue le dialogue entre photographies et cimes

Au lac des Taillères, les images de l’archipel norvégien du Svalbard, de l’artiste et pêcheur Corey Arnold, se présentent dans un subtil jeu de reflets.
Au lac des Taillères, les images de l’archipel norvégien du Svalbard, de l’artiste et pêcheur Corey Arnold, se présentent dans un subtil jeu de reflets.
PATRICK GUERNE

Les vaches de La Chaux-du-Milieu ont-elles compris qu’elles ruminaient devant des sommets en aluminium? Rien n’est moins sûr, tant le spectateur humain se laisse facilement abuser par les images du Japonais Yuji Hamada, installées sur de grands panneaux devant la ferme du Grand-Cachot-de-Vent. Onze ans après ses débuts à Rossinière et quatre ans après sa dernière édition dans les Préalpes vaudoises, le Festival Alt. + 1000 revient – dans la région dite Montagnes du canton de Neuchâtel! – titiller les liens entre photographie et altitude en s’inscrivant dans un paysage qui incite à l’excursion autant qu’aux échos entre expositions et environnement.

Promenades et expositions

Cette 5e édition se positionne dans le prolongement des actuelles expositions du Musée des beaux-arts du Locle, dont la directrice, Nathalie Herschdorfer, avait déjà organisé deux éditions. Rejointe par la codirectrice artistique Caroline Stevan, l’ancienne conservatrice du Musée de l’Élysée relance une manifestation capable de séduire un public sensible aux charmes de la nature mais peut-être moins habitué aux visites muséales. Alt. + 1000 permet désormais de concilier les deux intérêts au fil d’une programmation qui poursuit les enjeux posés par les expositions du musée, attentives à la présence humaine sur des cimes que les romantiques rêvaient sublimement désertes.

Les œuvres accrochées dans la très belle ferme du Grand-Cachot-de-Vent, qui remonte au début du XVIe siècle, ont d’ailleurs été réunies sous l’intitulé «La trace de l’homme». Cette empreinte se traduit parfois de manière littérale comme dans ce très beau reportage en noir et blanc sur La Brévine, réalisé en 1980 par Monique Jacot, à la demande de «L’illustré», qui porte une attention pionnière au travail des femmes paysannes. Arnaud Teicher, lui, s’intéresse aux cols alpins marqués par une route, une bâtisse. Quant à Tonatiuh Ambrosetti, son abri du Mont-Rose, un modèle technologique d’architecture de haute altitude, se cache dans le panorama démesuré des géants des Alpes valaisannes.

«La trace de l'homme»

Mais la «trace de l’homme» est aussi celle de son regard, sa façon de restituer la montagne. Renate Aller, qui mixe ou superpose des paysages de roche et de glace, et Iris Hutegger, qui tisse des fils de couleur sur ses images aux nuances grises, appartiennent plutôt à ces artistes du déplacement du regard. Sans oublier les images géologiques de Mars, sélectionnées par Xavier Barral à partir d’une base de données de la NASA, rappelle l’inviolabilité que la montagne pouvait receler pour nos ancêtres.

Retour sur Terre le long de la promenade du lac des Taillères où les scientifiques et les artistes du Project Pressure alarment sur l’accentuation du réchauffement climatique avec l’exposition «Warning Signs». Leurs images, parsemées dans un cadre idyllique, documentent la fonte de différents glaciers au gré d’images esthétiques, distanciées ou ludiquement tragiques. De quoi prendre un petit coup de chaud, même à La Brévine.

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