Le Festival de la Cité a pris son envol

LausannePour sa 2e édition excentrée, l’événement cher aux Lausannois a en partie réinvesti le centre historique de la ville.

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Vendredi passé, Massimo Furlan marquait le coup d’envoi du Festival de la Cité. C’était au propre comme au figuré, puisque le performeur a rejoué la finale de la Coupe de Suisse de foot de 1981, seul et sans ballon, à la Pontaise. Si le ton a été donné, les festivités ont vraiment démarré hier.

Alors que l’édition 2014 avait été marquée par un temps exécrable, les premiers spectacles de cette année se sont offerts au public sous un soleil de plomb qui n’a pas laissé place à l’orage attendu. Cela a commencé à Sauvabelin avec la programmation destinée aux enfants. Massé partout où il y avait un peu d’ombre, le public a notamment assisté aux acrobaties très physiques de la Race Horse Company. Venue de Finlande, la troupe a enchaîné les démonstrations de saut périlleux, d’équilibrisme et de voltige dans un esprit plutôt déglingué. Comme le disait l’un de ses membres, le spectacle n’est pas dénué d’humour noir et s’amuse particulièrement à mettre en scène les tentatives ratées.

Plus poétique, Nymio, un jeu de mains présenté par le Catalan Putxa, s’est quant à lui révélé un véritable enchantement. Installé sous les arbres, l’artiste est parvenu à raconter des histoires sans un mot, mais en musique, avec la seule ondulation de ses doigts gantés. Les deux spectacles sont encore à voir mercredi à 16h15 et à 19h, à Sauvabelin.

Contrairement à l’an passé, où le festival était complètement sorti du centre historique de Lausanne, la programmation a en partie réinvesti la Cité cette année. Jusqu’à samedi, ceux qui passeront à la cathédrale pourront entre autres y découvrir une installation qui devrait faire parler d’elle: Dance Box, c’est une petite caravane dont la porte est surmontée d’une petite ampoule rouge. Un panneau apprend au chaland que lorsqu’elle s’éteint, il peut entrer et assister à une danse, rien que pour lui.

L’atmosphère est équivoque, mais le spectateur sera sans doute surpris par ce qu’il vivra à l’intérieur. En plus, l’installation brouille allègrement les pistes. Elle crée certes une intimité, mais ceux qui entrent sont prévenus: ils seront filmés et se retrouveront sur Internet. Difficile d’en sortir sans réfléchir à ce qu’on vient de vivre. «Ce qu’on peut dire sur Dance Box, c’est que l’expérience fonctionne sur les gens, qu’ils s’intéressent aux concepts artistiques ou pas du tout», se réjouit Wicki Bernhardt, de l’équipe de production.

Pour sa première journée, le Festival de la Cité a largement échappé au déluge qu’on lui promettait, mais quelques gouttes ne seront pas de trop pour rafraîchir l’atmosphère.

Lausanne, divers lieux Jusqu’au di 12 juillet festivalcite.ch (24 heures)

Créé: 07.07.2015, 22h20

La basse de Jeanne Added tient le haut de l’affiche

Sous la houppette en bataille, le regard s’amuse déjà des a priori de l’intervieweur. Oui, c’est bien elle, «la révélation» dont les journaux se font l’écho. Un petit bout de femme au look queer, Doc Martens noires et corps gracile, avec un nom tellement rock qu’on jurerait un pseudo. «C’est le mien», corrige Jeanne Added. Née à Reims il y a 34 ans, voilà qu’elle court les routes avec, en poche, un premier album offensif et, en poupe, un vent à décorner les bœufs. Mercredi soir, la Cité reçoit sa première sensation.

«Devenir artiste solo, c’est réaliser que les gens se sont déplacés pour venir te voir, toi.» Jeanne Added analyse son décollage avec la lucidité des vieux combattants. Bardée de diplômes acquis en conservatoire, entraînée tôt au chant lyrique, elle s’est fait apprécier dans le milieu jazz, en accompagnatrice solide. Avec Be Sensational (distr. Musikvertrieb), la violoncelliste se présente en soliste rock, sur un squelette d’electro sombre produit par Dan Levy, de The Dø. «Je voulais un album assez dansant, droit et avec peu d’effets. Par contre, sur scène, je me suis entourée de musiciens. On me demande souvent ce qu’il me reste du jazz. Peut-être cela: l’aspect humain, avoir envie de jouer avec des gens.»

Agréable mais peu expansive, on devine «la nouvelle sensation» sur la réserve. Le poids de la hype? Le risque de se poser en Christine and the Queens bis? Elle a beau déclarer que «c’est là une pure comparaison de journalistes», la pop hiératique de Christine a ouvert un sillage au rock solennel de Jeanne. «L’idée d’«être à la mode» m’ennuie parce que cela signifie qu’on ne le sera plus tôt ou tard. Je vis de ma musique depuis plus de dix ans et je continuerai d’en faire quoi qu’il arrive.»

De fait, un instrument l’accompagne depuis son enfance: le violoncelle, choisi parce qu’un grand de CM2 dont elle était amoureuse en jouait. «Je l’ai revu plus tard.» On n’en saura pas plus. Le passage à la basse électrique, qu’elle manie sur scène, est plus prosaïque. «C’est un instrument idéal, bruyant et léger, pour m’accompagner au chant. J’ai beaucoup appris en technique, mais je me suis formée sur le tard, à l’usage.» Fan des Bérurier Noir comme de Prince, du bruit comme de l’harmonie, du clair-obscur dans lequel baigne Be Sensational, Jeanne Added et sa musique ne se cernent pas aisément. La difficulté à mettre des mots sur son art explique sans doute sa défiance. «La musique que j’avais à l’intérieur, c’est celle-là, voilà tout.»

François Barras

Mercredi soir (23h), Friche du Vallon

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