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«Le Festival revient à la cité mais reste ouvert sur la ville»

Après la polémique de l'an passé, Myriam Kridi, directrice, a imaginé une 46e édition qui retrouve les vieux pavés. Interview.

Le rendez-vous estival retrouve son site historique mais conquiert aussi de nouveaux lieux.
Le rendez-vous estival retrouve son site historique mais conquiert aussi de nouveaux lieux.
Vanessa Cardoso

Après trois années extra-muros et une dernière édition mouvementée, le festival fait son grand retour à la Cité. Une décision prise sous la contrainte?

Pas du tout. En arrivant à la direction du festival, je n’avais sans doute pas mesuré tout l’attachement des Lausannois à une localisation de la manifestation dans la vieille ville ni toute la difficulté de faire circuler le public du nord au sud de Lausanne. Mais, cette année encore, j’avais la liberté de proposer d’autres sites, plus à l’extérieur, puisque l’engagement du conseil de fondation, pris en août 2016, promettait de conserver avant tout le cœur de la manifestation dans la Cité. L’aménagement dévoilé ce matin est, donc, vraiment le fruit de nos envies et de logiques liées aux éléments logistiques.

Vous avez pourtant été engagée en défendant le projet d’un festival éclaté dans la ville.

D’un festival ouvert sur la ville, plutôt. Sur le fond, je n’ai d’ailleurs pas changé d’avis: je souhaite toujours défendre l’idée et la philosophie d’un festival qui s’adresse à tous les Lausannois et porte son regard sur la Cité au sens large, d’une manifestation qui réfléchit à l’espace urbain et public. A l’avenir, il y aura sans doute à nouveau des propositions excentrées. Mais, cette année, toutes les réflexions nous ont poussés au périmètre tel que présenté. Avec l’équipe du festival, j’ai réalisé un travail d’orfèvre pendant plusieurs mois afin de trouver le meilleur aménagement possible pour l’ensemble de la manifestation. J’ai repris et analysé les plans des dix dernières éditions.

Qu’est-ce qui a dicté, finalement, vos choix?

L’écrin du festival a été réfléchi de manière esthétique et pratique, par rapport aux questions sonores et aux flux, par exemple. La disposition des sept scènes du festival a été entièrement repensée pour favoriser une expérience agréable. Un soin tout particulier a été porté à l’adéquation entre le lieu et la proposition artistique. Ce qui fait le charme de la Cité, ce sont ses espaces relativement petits et intimes. Mais les contraintes qui en découlent sont nombreuses et il s’agissait de trouver des lieux où permettre l’accueil de propositions ambitieuses et, surtout, de permettre au plus grand nombre de spectateurs de découvrir les spectacles. Un festival gratuit et pluridisciplinaire, dédié à la découverte, perd son sens si le public ne peut apprécier la programmation.

Rue Pierre-Viret fermée à la circulation, propositions artistiques sur le pont Bessières… Les autorisations ont-elles été faciles à obtenir?

Tout se négocie très difficilement. Et je l’ai découvert cette année: la Cité n’appartient pas qu’à Lausanne. Une partie du territoire dépend du Canton. Nous attendons, d’ailleurs, encore la dérogation en ce qui concerne la limite autorisée en matière de décibels. A l’instar de Label Suisse, on espère pouvoir offrir aux musiciens des conditions décentes.

Des rêves n’ont-ils pu se réaliser?

Nous avions imaginé un projet dans le nouveau Parlement. L’occasion était idéale pour permettre à la population de s’approprier ce nouveau lieu où se discutent les choses, mais l’Etat a refusé d’entrer en matière.

La polémique de 2016 est donc entièrement du passé?

Oui. J’ai trouvé injuste la manière avec laquelle certains ont condamné mon projet artistique avant même de le connaître. De notre côté, nous avons fait des erreurs en matière de communication. Mais, aujourd’hui, les discussions avec les habitants et les commerçants sont très constructives. Nous sommes maintenant impatients de voir comment le public va s’approprier ce que l’on prépare depuis de nombreux mois.

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