La foule des grands jours a soif de Cully

Cully Jazz FestivalLes scènes ouvertes, les caveaux et les quais ont été les stars de ce démarrage très printanier du festival de jazz. Reportage

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Un démarrage au sprint, sans échauffement préalable. Dès vendredi en fin de journée, les trains régionaux déversaient à la gare de Cully des légions de festivaliers envahissant, goguenards, le petit bourg de Lavaux, bien décidés à profiter des conditions printanières et des concerts à gogo. Chacun son style. Certains gobaient leurs huîtres à l’échalote à l’aide d’un petit calamin bien fin, tandis que d’autres dévoraient un pique-nique de supermarché en décapsulant des bières sur des quais pris d’assaut. Cully, Rimini, même combat? À défaut de sable, les rochers faisaient l’affaire. Tous les visiteurs étaient-ils informés que cette édition du Cully Jazz propose un nombre record de concerts – environ 150 –, dont une grande majorité gratuits? On peut en douter, mais la plupart des lieux se sont tout de même retrouvés pris d’assaut, voire bondés, quand il ne fallait pas tout bonnement faire la queue longtemps avant d’y accéder.

Dans le mythique Caveau des Vignerons – qui portait assez mal son nom vu la difficulté du personnel à trouver parfois un tire-bouchon! – le groupe en résidence, KUMA, avec Matthieu Llodra au clavier, Fabien Iannone à la basse, Maxence Sibille à la batterie et Arthur Donnot au saxe, ne prenait que quelques minutes pour filer au cœur du groove. Au grand bonheur d’un public serré comme des sardines. Au final, sortir d’une salle pouvait se révéler plus complexe que d’y entrer! Les artistes semblaient s’être donné le mot, aussi heureux que leurs spectateurs de célébrer le printemps avec ardeur et bonne humeur.

Sous le Chapiteau, les litanies et la sarabande de l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp entraient en résonance avec l’ambiance générale. «Nous sommes devenus les bêtes féroces de l’espoir», scandaient ses musiciens. Amadou & Mariam montaient ensuite encore la température en dédicaçant leur titre «C’est chaud» au Festival. L’esprit de fête gagnait tous les coins de la manifestation. Au Club, scène gratuite, la soirée se poursuivait dans les chaleurs d’un bayou New Orleans moite de funk et de rhythm’n’blues.

Des poussettes sur le gazon

Le lendemain, l’affluence surenchérissait en nombre et en précocité. «On m’a dit que dès l’après-midi il y avait déjà des voitures parquées jusqu’à Riex», détaillait, un brin époustouflé, Jean-Yves Cavin, directeur artistique, qui affirme ne pas vouloir faire croître une manifestation pourtant assaillie même par les familles, comme le prouvaient certains gazons envahis de poussettes. «Le démarrage est excellent, il fait beau, les gens sont hypercontents, il y a un côté lancement de la saison.» Et, samedi soir, toutes les salles du In affichaient complet.

Dans le lot, le concert des Luxembourgeois du Reis Demuth Wiltgen Trio, qui comportait un invité de marque: le saxophoniste Joshua Redman. Toujours aussi virtuose dans ses interventions, le souffleur prenait toutefois un peu trop le dessus dans une prestation focalisée sur des lignes mélodiques souvent sirupeuses et qui manquait d’interactions fortes avec un trio trop au service de la personnalité de l’Américain.

Les propositions plus tranchées ne manquaient pas, que ce soit au gré des rythmiques électroniques claudicantes du batteur Arthur Hnatek au bien nommé caveau Schlagzeug ou du duo de Francesco Geminiani au saxe et Jeremy Bruyère à la contrebasse sur la scène ouverte du centre, un peu plus tôt. Le souffleur italien, désormais basé à New York après des études à la HEMU de Lausanne, était tout heureux d’avoir été salué par Joshua Redman. Sur la question de se produire au milieu de la foule, il ne se prend pas la tête. «C’est sympa, mais il faut jouer sans trop penser au public qui ne fait que passer.» Et il en passe beaucoup, quand il ne reste pas immobile dans une queue avec des Cuillérans qui tentent l’exercice improbable de verser un verre de blanc depuis le premier étage! (24 heures)

Créé: 15.04.2018, 21h39

À l’affiche du Cully Jazz

Lundi 16 avril:
Trio Ponty - Lagrène - Eastwood et Omar Avital Trio (Chapiteau), The Two (Next Step, complet), David Krakauer & Kathleen Tagg (Temple).
Un plan Off: Dynamo.
Mardi 17 avril:
Lisa Simone et Lucia Cadotsch (Chapiteau), Shijin (Next Step), Shai Maestro (Temple, complet).
Un plan Off: Cyril Cyril.

Rens.: 021 799 99 00
www.cullyjazz.ch

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