Avec «L’âge d’or», Cali ferre le passé en rêvant l’avenir

DisqueAvec son sixième album studio, le chanteur fouille dans les boîtes à souvenirs mais garde l’exaltation des grands enthousiastes.

Cali fait sa prière à Ferré sur son nouvel album.

Cali fait sa prière à Ferré sur son nouvel album. Image: DR

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Son nouvel album pique son titre à Léo Ferré, manière de dire que le meilleur reste à venir puisque «notre âge alors, sera l’âge d’or». Mais Bruno Caliciuri, 46 ans, plus connu sous son diminutif artistique Cali, jette aussi des coups d’œil par-dessus son épaule pour regarder les images du passé dans ce sixième album promis à un bel avenir si, comme les précédents, il finit par se classer platine ou or en France. L’âge d’or ce serait donc aussi la joie de retomber en enfance…

«Justement, c’est pour cela qu’il y a ma fille et moi sur la pochette. L’âge d’or appartient à tous les âges, assure-t-il au téléphone. Ce n’est pas juste mieux avant, c’est aussi tragique. Pour Ferré, c’était demain et il faut arriver à goûter ce printemps immortel à chaque moment de la vie.»

Le temps où le chanteur électrisait par l’hystérie de son mal-être avec un premier album au titre menteur, L’Amour parfait (2003), est révolu et Cali varie désormais les plaisirs et garde au chaud ses enthousiasmes fiévreux. «Cet album de rupture était une thérapie pour tout le mal que l’on m’avait fait et il m’a fait du bien. Les gens se sont reconnus…»

A 34 ans, inconnu jusqu’alors, le Perpignanais déboulait dans la cour des grands. «Je me suis rendu compte que je suis encore fier de cet album de A jusqu’à Z. Plus tôt, l’écriture aurait été différente, je n’en aurais peut-être pas été aussi fier.» Fort de ce succès impressionnant (plus d’un demi-million d’exemplaires vendus), il pouvait oublier les bals de villages qu’il écumait avec ses potes.

Rugby, blessures et médailles de guerre

L’ancien joueur de rugby – «ça ne se voit pas beaucoup» – évolue désormais en première ligne des chanteurs à succès. Finie, l’époque «où je tapais dans une bouteille pour me prendre pour un grand». Sa clavicule et ses deux côtes, il ne les a pas cassées sur un terrain, mais en plongeant dans le public depuis la scène. «Mes blessures et mes médailles de guerre.»

Le succès ne lui interdit pas les aventures inattendues comme de se lancer dans une pièce de théâtre, Cowboy Mouth de Sam Shephard et Patti Smith, au début 2014. «C’est pendant cette période que j’ai écrit la soixantaine de chansons qui ont servi à L’âge d’or. Je jouais à Paris et, la journée, je restais enfermé à l’hôtel et j’écrivais. Mes mômes me manquaient, cela me ramenait à la vie.» Pour la réalisation, il s’est allié au musicien David François Moreau, demi-frère de Patrick Bruel. «C’est presque un duo: il travaille dans la musique contemporaine, classique, de film, de ballet. Il a bien renouvelé mon histoire aux limites de mon imagination.»

Dans L’âge d’or, il porte avec plus de discrétion un engagement politique qu’il a souvent exhibé à plaisir. «Il n’y a jamais rien eu de prémédité. J’étais juste en plein dedans à un moment donné. Mais je suis toujours concerné, j’en parle dans la chanson Le cœur chargé comme un fusil. Je ne baisse pas la tête. J’ai soutenu Ségolène Royal, François Hollande. J’en suis fier, je ne le regrette pas. Je ne suis pas un rat qui quitte le navire. Et si tout n’est pas rose, il faut encore du temps.»

Le chanteur a aussi participé à l’album hommage à Jean Ferrat. «J’ai tout de suite accepté. Je n’allais pas laisser un Parisien chanter La montagne!» Mais Léo Ferré, dont il ne fait pas que reprendre le titre mais aussi la chanson qui va avec, demeure son «ultime héros». «C’est grâce à lui que des Higelin, Thiéfaine, Miossec, Dominique A sont là. Dans quelques siècles, il sera avec Bach et Beethoven dans l’histoire de la musique.» Pas de doute, ce sera l’âge d’or.

Créé: 31.03.2015, 10h48

Sur disque

L'âge d'or
Cali
Sony Music

En concert

Thônex,
Salle des fêtes

Je 30 avril (20 h 30)
Rens.: 022 365 11 60
www.opus-one.ch

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