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Générations sacrifiées, générations enfumées

Dans la fumée et les décibels, Vincent Macaigne donnait la première d’«En Manque», mardi à Vidy

Dans En Manque, le brouillard est sur le plateau, mais aussi dans les têtes.
Dans En Manque, le brouillard est sur le plateau, mais aussi dans les têtes.
DR

«C’est plus facile d’aimer ses enfants quand ils sont morts.» Cette phrase jetée à mi-parcours d’En Manque, dernière pièce de Vincent Macaigne présentée mardi à Vidy, porte un amour violent, désespéré et d’une lâcheté à l’infamie assumée. Elle résume aussi de façon intrépide le propos.

L’avenir est barré, interdit, et les parents, habitués à se réfugier dans les valeurs rassurantes du passé, en sont réduits à accepter le sacrifice de leur descendance dans un monde qui a perdu le fil de l’histoire. La nouvelle génération bouffe un brouet idéologique où se mixent anarchisme et bouddhisme, Gandhi et Kurt Cobain, dans le supermarché d’une pensée vaguement hédoniste où erre une jeunesse amnésique, si ce n’est «confusionnée» par trop de références. Paint It Black des Stones vaut bien un Caravage...

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