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Holly Groove retourne les pistes lausannoises

Vénérant toutes les époques de la danse urbaine, le festival invite des pointures. Une formule gagnante alors que le «old school» est si moderne

Que tremblent les semelles: elles vont laisser du caoutchouc sur les dancefloors lausannois. Mercredi, le Holy Groove invoque les dieux du swing et les déesses du déhanchement dans un évangile pas sectaire qui mobilise vieux funk et nouvelle soul, belles voix live et tourneurs de disques mutiques, briscards des premières heures et jeunes pousses… qu’importe, pourvu qu’on danse. En cinq éditions gagnantes, les amoureux du bon vieux groove pas trop numérisé, réunis sous l’association Lausanne Funk, ont rodé une formule où les fondamentaux old school ne sont ni des reliques sacrées, ni des trésors muséaux.

Au contraire. Les croisements s’opèrent aussi bien entre styles qu’entre générations, et ce n’est pas la présence d’Amp Fiddler, jeudi au Bourg, qui le contredira. Le clavier de Parliament et de Funkadelic a gravité durant dix ans dans l’orbite de George Clinton, maître très haut perché du P-funk. Et même s’il a tapissé de synthés la fin des années 1980 plutôt que l’âge d’or seventies, l’Américain demeure un nom que l’on révère, et pas seulement pour avoir survécu à la bacchanale clintonienne. Autre témoin d’une époque tout en Adidas Gazelle et en bob Kangol, Jorge Pabon a animé les jeunes heures du Rock Steady Crew, premier gang de break dancers à avoir nettoyé à grands coups de fesses les trottoirs new-yorkais de Spanish Harlem. Sous le pseudo de Pop Master Fabel, Jorge a exporté la culture hip-hop partout dans le monde, et continue d’en exposer les bases. Il en discutera en public mercredi au Zinéma, avant la projection d’un incunable de 1984, «Beat Street», de Stan Lathan, l’un des premiers longs métrages à avoir pris pour sujet le rap, avec ses clichés de jeunesse délicieusement surannés.

Bourg, Romandie, No Name, Docks: de multiples lieux de live jouent le jeu du Holy Groove, tout en restant fidèles à leur ADN. Artistes de majors aux Docks, par exemple, avec vendredi les concerts de la Canadienne Tanika Charles, soul vintage mâtinée de modernité, et de l’Anglais Joel Culpepper qui, dans les pas d’Angelo, remet au goût du jour une certaine idée de la volupté et du groove lascif, entre dance «princière» marquée du sceau des eighties et ballades à la Marvin Gaye. Au Romandie, la sauce est plus locale mais pas moins goûtue. L’Éclair frappe sur scène, soit six Genevois armés de guitares, de basses, de percussions et de moustaches pour un funk instrumental à faire revenir Starsky et Hutch en prime time. Tortured Soul prend le relais, jouant live un groove de house anglaise, mariant l’intensité robotique de l’electro à la pulsion coquine de Kool and the Gang. Un atelier de breakdance du Français Crazy Moh, samedi au No Name, et le concert afrobeat de Dele Sosimi, jeudi au Bourg avant Amp Fiddler, finissent de prouver que le (Holy) groove se joue des styles et des territoires.

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Lausanne, Romandie, Docks, Bourg, Zinema, No Name du me 3 au sa 6 octobre Loc. petzi.ch et Infomaniak www.holygroove.ch

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