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Les humoristes écartés des planches

Privé de scènes, le rire doit se réinventer à distance pour conserver un lien avec le public.

L'humoriste lausannois Thomas Wiesel.
L'humoriste lausannois Thomas Wiesel.
Patrick Martin

Hors des planches et loin du public, le rire doit se réinventer. Après le coup de massue, l’annulation de l’intégralité de leurs spectacles des deux prochains mois, les humoristes romands tentent de réfléchir à la suite. «Pour le moment, on doit surtout limiter la casse, soupire Sébastien Corthésy, cofondateur de la boite de production Jokers Comedy, forcé d’annuler plus d’une trentaine de dates entre les matchs d’impros et les spectacles de Marina Rollman, Thomas Wiesel ou Nathanaël Rochat. «Il va falloir trouver des alternatives au rire, poursuit le Lausannois. Car pour nous, cette crise va avoir des répercussions sur l’été et l’automne. Normalement, l’industrie de l’humour s’active pile à cette période de printemps pour façonner les programmes de la saison prochaine. Mais en ce moment, les salles et théâtres ont d’autres préoccupations…»

Pour les humoristes, pas question de rester les coudes croisés. À voir l’hyperactivité de Thomas Wiesel sur les réseaux sociaux, la crise du coronavirus inspire. «Je n’ai jamais autant bossé», ironise-t-il à moitié. Depuis deux semaines, l’humoriste détourne chaque jour l’information à travers des «mèmes internet», soit des images agrémentés de texte. «Il faut être réactif, écrire vite, trouver la bonne vanne. Je suis à l’affut de l’info, il se passe des rebondissements tous les jours.» Blaise Bersinger, lui, a opté pour une vidéo spontanée qui se rit de l’ennui de la quarantaine. «J’ai prévu d’en faire d’autres, mais rien n’est calculé», commente le Lausannois.

Pas fans des vidéos

Les humoristes sont encore à l’aube de leurs réflexions. Des sketchs sur YouTube? «Si c’est du face caméra, c’est du vu et revu. Et il faut du charisme, ce que je n’ai pas», répond Thomas Wiesel. Un spectacle sans public retransmis en vidéo, comme c’est le cas pour certains concerts? «Pas grand intérêt, pour Blaise Bersinger. Et hors de question pour les spectacles d’impro. À plusieurs sur scène, quelle image on renverrait sur les recommandations sanitaires liées à la proximité?»

Pour Sébastien Corthésy, l’enjeu principal est de trouver une alternative qui recrée un lien avec le public. «Il faudrait une application pour rallier des milliers de gens dans une visioconférence géante, rêve le jeune producteur. On va réfléchir, tous ensemble. Comme cette période risque d’être longue, on va prendre le temps pour faire les choses bien. Il n’y a pas d’urgence.» En attendant de remonter sur les planches, Thomas Wiesel, Blaise Bersinger et les autres vont en tout cas continuer à blaguer sur les ondes radio de la RTS, dans la presse écrite, ou sur internet. Thomas Wiesel reste confiant: «dans une situation de crise, les gens ont plus besoin de rire que jamais. En ce moment, je reçois des messages touchants de remerciements. Ce n’est pas très habituel. J’ai l’impression de remplir ma fonction, et de rendre la situation moins pénible.»

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