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L’inquiète essaie de vivre dans le présent

«Raid Dingue» du grand frisson et des unités d’élite de la police française dans le dernier film de Dany Boon, l’actrice rêve beaucoup dans la vraie vie.

Alice Pol joue une fliquette des beaux quartiers qui rêve d'intégrer l'élite de la police française dans le dernier film de Dany Boon, «Raid Dingue».
Alice Pol joue une fliquette des beaux quartiers qui rêve d'intégrer l'élite de la police française dans le dernier film de Dany Boon, «Raid Dingue».
PAULINE DARLEY

Les formalités, Alice Pol s’en passe volontiers comme de la vacuité des formules d’ascenseur d’ailleurs, pour foncer immédiatement en mode sincère. La tisane de 18 heures – c’est mieux si elle veut fermer l’œil à la veille de la sortie de son dernier film devant la caméra de Dany Boon – une gorgée de bien-être donc et la belle se laisse embarquer dans le plaisir de parler… des autres. Et d’elle aussi sans même se cacher derrière son sourire solaire. Le jeu, la trentenaire adore, mais au théâtre où elle a fait ses débuts ou face caméra où elle enchaîne désormais les rôles avec l’art du grand écart en passant de la complexe Madame Zola dans Cézanne et moi à la fliquette pistonnée candide et maladroite de Raid dingue.

Les contrastes mis à part, c’est plutôt la comédie qui vous attire?

On me dit souvent que j’ai bien choisi mes films, je réponds que j’ai surtout la chance d’avoir été choisie par ces metteurs en scène. Mais pour parler comédie, j’ai pu tourner avec des partenaires drôles en permanence et là vraiment, j’adore être spectatrice. J’ai une vraie admiration pour les gens prêts à tout pour décrocher un rire ou un sourire, il faut une réelle générosité et aussi de l’empathie.

Ces envies, ces qualités, vous vous les reconnaissez aussi?

Si on me laisse de la place pour faire rire, oui, pourquoi pas mais ça dépend des moments. J’aimerais bien aussi avoir ce courage de ceux qui osent, qui se relèvent même après s’être pris des portes et qui vont au bout de ce qu’ils veulent. Mais la priorité, c’est l’empathie, voir le meilleur chez les autres comme dans la vie. Ce n’est jamais facile de regarder chez soi, mais le métier nous oblige un peu à la faire, on se retrouve forcément face à des personnages avec lesquels on partage quelques similitudes alors, à force, je commence à avoir une assez bonne idée du sujet. D’ailleurs Guillaume Gallienne me le faisait remarquer sur le tournage de Cézanne et moi. Pratique! Je m’économise le psy mais, il faut aussi admettre qu’avec l’âge, on se supporte mieux.

Ce n’est pas vraiment une remarque de trentenaire ça…

J’ai toujours eu cette sensation de ne pas avoir d’âge, enfant j’aimais bien les adultes et, maintenant, j’aime bien les personnes plus âgées. En fait, ce qui ne me va pas, ce sont les frontières, les barrières, ce besoin de faire et de créer des différences. Tous les âges m’intéressent et me touchent. Comme l’autre jour, quand un gosse de 6 ans a eu le courage de se lever après la projection de Raid dingue pour me dire: «J’adore quand tu claques la tête des garçons!»

Vous regrettez cette innocence qui se perd avec l’âge justement?

En interprétant Johanna Pasquali dans Raid dingue, cette femme un peu naïve – à ne pas confondre avec bête –, j’ai un peu retrouvé de cette touchante innocence. Comme quoi tout n’est pas formaté, même à l’époque du politiquement correct! On a souvent l’impression que c’était mieux avant, je n’y crois pas, je n’ai pas cette nostalgie.

En incarnant la fliquette pistonnée de «Raid dingue» avec ses rêves idéalistes, vous réalisez les vôtres?

Alors pas du tout, je n’ai jamais songé à ce milieu! D’autant que j’ai toujours voulu être artiste. Au départ, c’est le cirque qui m’attirait, les saltimbanques… et, bien sûr, l’idée d’une vie en roulotte. Mais bon, j’hésitais aussi avec assistante de magicien.

Pour connaître les trucs?

Surtout pas, je n’ai jamais eu envie de tout savoir et encore maintenant je ne suis pas du tout dans ce trip-là. Ça va faire vieux con ce que je vais dire, mais les iPad et tous les trucs du genre tuent l’imaginaire. Il faut rêver, il faut décoller, il faut prendre le temps de l’ennui, ce temps de l’enfance. Je suis une vraie contemplative, j’adore observer les gens, de façon bienveillante bien sûr, mais je suis un vrai buvard. Ce n’est pas humain d’être toujours dans l’hyperstimulation, c’est un rythme, oui, et mon inquiétude de bien faire me l’impose à chaque nouvelle aventure professionnelle parce que j’ai peur de ne pas y arriver. Mais au bout d’un moment, je ne peux plus, je bloque.

Un léger manque de confiance?

Petit, oui!

En parlant de contemplation, avez-vous pris le temps de le faire par rapport à votre carrière?

Ça n’a pas vraiment été possible dernièrement, mais promis, je vais le faire dans deux jours, d’abord je dois m’occuper de mes factures d’électricité, j’ai un peu de retard dans mes papiers. Mais c’est vrai, ça commence à marcher pour moi, j’ai beaucoup tourné l’année dernière et cette année, il y a plusieurs films et projets en cours, c’est merveilleux. Quand je pense aux sueurs froides des débuts! Si on m’avait dit que j’en serais là aujourd’hui, jamais je ne l’aurais cru. Mais malgré les galères et l’attente, je n’ai jamais eu envie de tout plaquer, de toute façon je n’aurais pas su quoi faire d’autre. Alors maintenant, j’accumule tout ce que je peux et c’est vrai que quand le cinéma veut de vous…

Le théâtre attendra…

Ça fait trois ou quatre ans, c’est vrai. Et je sais que plus je repousse, plus j’ai peur. Mais comme j’aime bien m’impliquer dans cet exercice en écrivant, il faut que je m’y remette. Promis, j’y penserai après les factures d’électricité, après le bilan de carrière…

Et dans la vraie vie, ça se passe bien?

Ma vie professionnelle est vraiment liée à mon moi profond, c’est du rapport de la passion, je grandis avec, je mûris avec ce qui fait que je ne mets pas les choses dans des sacs différents. Alors pour la famille, comme dit ma mère, ça va peut-être finir par venir. Sinon, oui, dans la vraie vie, il y a un truc que j’adore, c’est d’aller au supermarché: je traînasse, je mets n’importe quoi dans mon caddie, un grand classique! En fait, ce que j’aime, c’est cette alternance entre les plateaux et le cocooning, mais je dois encore apprendre à vivre dans le présent, à prendre une chose après l’autre et à les apprécier dans l’immédiat. C’est Claude Lelouch qui me disait ça sur le tournage de Une de plus. J’ai déjà fait un petit bout de chemin en ce sens.

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