La jeune photographie s'éclate à Bienne

FestivalLes Journées Photographiques fêtent leurs 20 ans sur un spectre visuel large. Parcours

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Pour leurs 20 ans, les Journées photographiques de Bienne ouvrent plus que jamais leur programmation à la diversité des approches de la jeune photographie contemporaine. «La fascination pour le numérique retombe, cela redevient un outil parmi d’autres», pointe par exemple Hélène Joye-Cagnard, directrice de la manifestation. «Les photographes ont désormais toute une palette de moyens à disposition et ils choisissent celle qui leur paraît la plus judicieuse pour leur travail. On remarque un retour de l’argentique, des expériences chimiques, du bricolage… Notre intérêt va au message, pas à la technique.»

A parcourir ses 20 expositions – comme autant de bougies d’anniversaire principalement fichées dans le Centre PasquArt –, l’édition 2016 éclate les registres dans l’arc tendu entre les pôles du reportage et de l’art contemporain. L’influence des écoles d’art se fait donc sentir, et pas toujours pour le meilleur. Même sans prévention contre les approches plus conceptuelles, il est difficile de ne pas y voir parfois un alibi intellectuel douteux, peu probant. La reconstitution du visage du lanceur d’alerte Chelsea (ex-Bradley) Manning, censément réalisée via l’analyse de son ADN par Heather Dewey-Hagborg, laisse ainsi perplexe. Tout comme l’évocation très personnelle de la propriétaire d’une valise trouvée par Maria Elinardottir dans son installation murale Meanwhile Magdalene.

Plus généralement, et cela concerne aussi certains travaux plus documentaires, la prétention de la plupart des séries à se passer de textes mène à l’impasse ou, du moins, rend difficile l’accès au sens des images. Ce rayonnement autour des pratiques contemporaines souligne donc plus de fois que désiré, les limites de la photographie à s’autonomiser du discours. Par contraste, certaines démarches y parviennent avec bonheur ou tout simplement plus de pertinence.

De belles tensions

Les coups de projecteur la série «New Artificiality» de Catherine Leutenegger sur les ratés de la reproduction via la technique de la technologie des imprimeries 3D est parlante. Plus subtile dans ses notions, celle de Michel Le Belhomme, «Les Deux Labyrinthes», parvient à suggérer de belles tensions entre ce que l’on appellera la carte et le territoire, dans un travail certes conceptuel mais qui préserve une force plastique étonnante, capable de porter les idées de son auteur.

La photographie plus classique, peut-être plus modeste dans ses objectifs intellectuels mais plus cohérente dans ses rapports visuels, garde pourtant l’avantage, le plus souvent en poursuivant la grande tradition du reportage (ou de la documentation). Parmi les travaux commissionnés par le Pôle de recherche national LIVES (préoccupé par les questions de vulnérabilité sociale), deux d’entre eux retiennent particulièrement l’attention.

D’abord celui de Delphine Schacher, sa série «Bois des Frères», qui explore les baraquements du Lignon, à Genève, et la vie précaire ou isolée de ses habitants, avec une retenue et une justesse esthétique percutante. Ensuite, «Sandra» d’Annick Ramp qui dresse le portrait d’une personne transgenre, là aussi avec un sens de l’intimité et de la suggestion qui fait honneur au regard photographique, à sa poésie, mais à son utilité également. (24 heures)

Créé: 06.05.2016, 19h29

Infobox

Journées photographiques de Bienne
Jusqu’au di 22 mai
Rens.: 032 322 42 45
www.jouph.ch

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