Le Kosmos, fastueux centre culturel à Zurich

InaugurationA la fois cinéma, librairie, podium et restaurant, le complexe voit grand.

Ce temple de la culture zurichoise est aussi un lieu de rencontre avec un bar, un restaurant et un club.

Ce temple de la culture zurichoise est aussi un lieu de rencontre avec un bar, un restaurant et un club. Image: DR

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Le Kosmos est né il y a sept ans dans l’esprit d’un entrepreneur philosophe et d’un cinéaste prolifique. Le projet un peu fou de Bruno Deckert et du réalisateur Samir, figures de la scène culturelle zurichoise, s’est matérialisé au début du mois au centre-ville de Zurich. Le Kosmos, c’est un espace de 5000 m2 où cohabitent 6 salles de cinéma d’art et d’essai, un café littéraire, un restaurant, un bar, un club et le foyer, pièce qui accueille débats, lectures publiques, concerts et expositions.

Attablés dans leur restaurant, les fondateurs savourent l’inauguration de ce «nouvel univers ouvert à tous, à l’image de la cosmopolite Zurich». Ils en sont persuadés, ce temple culturel est unique au monde. «Nous n’en connaissons pas d’autre qui combine tous ces éléments.» Cela n’empêche pas le centre de susciter une bonne dose de scepticisme. Alors que la fréquentation des salles de cinéma est en baisse et que les librairies souffrent, le Kosmos ne fonce-t-il pas dans le mur? La question, qui lui a été maintes fois posée, agace Bruno Deckert. «La mort du cinéma et du livre, c’est un débat obsolète. Ces deux domaines ont un avenir, mais sous une forme contemporaine.» Il voit aussi dans les critiques le fruit de cette irritation que provoquent les projets hors norme des bords de la Limmat. «Même les Zurichois trouvent que notre centre est grand», sourit Samir.

Les deux comparses n’ont aucun doute sur le potentiel du lieu. Comment auraient-ils autrement réussi à convaincre les investisseurs! Huit millions de francs ont été injectés dans le complexe par des privés. Propriétaires du bâtiment, les CFF ont aussi virtuellement contribué à hauteur de 8 millions de francs en avançant le loyer, qui devra être remboursé ces vingt prochaines années. «Récolter les fonds a été le plus gros défi, mais nous avons réussi à nous passer de toute aide publique pour garantir notre liberté.»

La somme a permis de donner corps à la vision des «Kosmonautes». Dans le cinéma, celle-ci a pris la forme de larges sièges en velours jaune disposés dans des salles inclinées: une séance ne sera pas incommodée par la coupe de cheveux imposante d’un spectateur. «Aller dans un cinéma d’art et d’essai, c’est souvent une sorte de torture. Ce n’est pas le cas ici. Le confort et la modernité sont essentiels pour attirer le public», dit Samir. La programmation se concentre sur des films indépendants et des documentaires, mais ne boude pas les productions hollywoodiennes, si elles sont «de qualité». Au Kosmos, Star Wars a droit de cité, mais pas Fast and Furious. Avec ses quelque 800 places, le complexe a fait grimper de 40% le nombre de sièges de salles d’art et d’essai à Zurich, si bien que des concurrents expriment leurs craintes face à une suroffre.

Débat autour de la gentryfication

La librairie, quant à elle, applique la même recette que Sphères, le salon littéraire que Bruno Deckert a déjà ouvert dans le quartier de Zurich West. Des fauteuils, des tables et un café côtoient la sélection d’ouvrages. Des marches en bois mènent au foyer, qui a fait salle comble (300 places) il y a peu lors d’une lecture de l’auteure indienne Arundhati Roy. Chaque semaine, des débats de société, politiques ou scientifiques y sont organisés. Le premier concernait la gentryfication, thème à propos pour ce centre situé à la jonction du quartier chaud de la Langstrasse et de la huppée Europaallee, qui est en train de se peupler de logements luxueux, de boutiques et de bureaux de multinationales.

Le Kosmos se voit reprocher de contribuer à l’embourgeoisement du fameux Kreis 4. «Nous sommes conscients de l’ambivalence de notre projet. Dans cet immeuble, il y a des appartements pour millionnaires. Nous-mêmes, nous n’avons pas de fric. Certains de nos amis nous ont traités de traîtres en nous accusant de prendre part à un projet à plusieurs milliards des CFF. Mais si nous n’avions pas proposé ce centre, à sa place il y aurait eu une surface commerciale», défend Samir.

Le duo a calculé qu’il devait engranger 12 millions de francs de recettes par an pour tourner. Il dit être en bonne voie pour y parvenir, grâce surtout à l’offre gastronomique. Les associés sont convaincus que le Kosmos est un modèle d’avenir qui ne sera plus si unique dans dix ans.

www.kosmos.ch (24 heures)

Créé: 30.09.2017, 16h58

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