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Entre Lénine et Niels Ackermann, l'histoire d’un succès d’images

Auréolé du succès de l'expo «Looking for Lenin» aux Rencontres d’Arles, le photographe l'amène à Vevey. Entretien.

C'est l'heure de la sieste perpétuelle pour ce Lénine de Krementchouk, accordé à la grisaille ambiante.?
C'est l'heure de la sieste perpétuelle pour ce Lénine de Krementchouk, accordé à la grisaille ambiante.?
Niels Ackermann
Un buste de Lénine remisé, à Kharkiv. «Les statues sont régulièrement cachées. En moyenne, il m'a fallu une semaine par statue.»
Un buste de Lénine remisé, à Kharkiv. «Les statues sont régulièrement cachées. En moyenne, il m'a fallu une semaine par statue.»
Niels Ackermann
Un Lénine décapité, à Chabo. «En Ukraine, Lénine a pris le rôle d'une poupée vaudou. Ce n'est plus vraiment lui qui est visé, mais la Russie impérialiste.»
Un Lénine décapité, à Chabo. «En Ukraine, Lénine a pris le rôle d'une poupée vaudou. Ce n'est plus vraiment lui qui est visé, mais la Russie impérialiste.»
Niels Ackermann
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Suite à l’incroyable battage médiatique qui a accompagné l’ouverture de son exposition «Looking for Lenin» aux Rencontres d’Arles, Niels Ackermann n’est toujours pas descendu de son petit nuage. «Une expérience assez fantastique», se félicite le photographe genevois au moment où s’ouvre la version veveysanne à l’Espace Images, la dernière avant la rénovation de la gare. «Au début, avec Sébastien Gobert, auteur des textes, nous nous disions que le projet serait sympa si nous trouvions dix Lénine en Ukraine. Suffisant pour un sujet dans un magazine. Puis, à force d’en trouver, s’ouvrait la possibilité d’un livre, puis d’une expo et finalement nous nous retrouvions à Arles. Tout s’est enchaîné.»

Son exposition des effigies du fameux révolutionnaire, le plus souvent laissées à l’abandon, a même eu droit à une visite présidentielle. «À part celle d’Annie Leibovitz, c’est la seule qu’Emmanuel Macron ait visitée. Il a peut-être voulu donner un sens politique, en lien avec la Russie. Il est resté une dizaine de minutes, il a lu les textes et demandé des explications. Je dois une fière chandelle à Sam Stourdzé (ndlr: directeur des Rencontres) qui a beaucoup soutenu le projet.»

Le photographe se félicite du timing, car des projets similaires ont été dévoilés dans la foulée. «Notamment aux États-Unis, dans le cadre d’un regard sur les Confédérés, il y a eu des travaux consacrés au général Nelson.» Seul point inattendu, cette expo célébrée n’a pas fait le moindre remous en Ukraine. «Étonnant, mais c’était le silence radio, alors qu’il suffit qu’une pub avec Beckham soit accompagnée de la musique d’un groupe ukrainien pour faire des pleines pages dans les journaux. Je crois que cela vient du fait que les Ukrainiens en ont marre d’être associés à la période soviétique. Ils veulent tourner la page.»

L’ouvrage qui accompagnait l’expo s’est aussi bien vendu. «Des amis l’ont vu dans des librairies aux quatre coins du monde. Aujourd’hui, nous pourrions en sortir encore deux volumes! Nous avons reçu des informations qui localisaient encore 120 Lénine, mais cela ne m’intéresse pas. Le seul que j’irais photographier serait celui de la place Bessarabska, s’il était enfin retrouvé.» Depuis «Lénine», Niels Ackermann a tourné la page. «J’avais envie de me reconnecter avec la Suisse.» Il a donc suivi la campagne de Pierre Maudet pour Le Temps et la NZZ et travaille sur des projets avec l’OSR, avant de repartir en Ukraine, dans le Donbass.

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