Chappatte se raconte dans un séduisant questions-réponses

Film Le dessinateur genevois évoque sa vie et sa carrière dans un riche entretien pour la série «Plans-Fixes».

Patrick Chappatte dans son atelier, aux Pâquis: «sonner juste, c’est du boulot!»

Patrick Chappatte dans son atelier, aux Pâquis: «sonner juste, c’est du boulot!» Image: georges cabrera

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Pas d’esbrouffe, pas d’effets de caméra. Seul face à un interlocuteur invisible (en l’occurrence le journaliste Eric Burnand), Patrick Chappatte se raconte. Le dessinateur genevois est l’invité d’un nouveau numéro de Plans-Fixes, une série d’entretiens au long cours unique en son genre. Depuis 1977, plus de 300 personnalités majoritairement romandes, de Claude Nobs à Jacques Chessex en passant par Léonard Giannada, se sont prêtées à cet enthousiasmant ping-pong de questions-réponses. Immuablement réalisés en noir et blanc, tournés en cinq plans-fixes, sans reprises ni montage, ces films prennent le temps d’approfondir la vie et la carrière de leur sujet.

On en revient, forcément, à la source. Au cours de cette interview réalisée dans son atelier, aux Pâquis, Chappatte évoque ses parents, un père jurassien, une mère libanaise, «deux peuples assez turbulents», glisse-t-il avec un sourire entendu. Né à Karachi, le jeune Patrick passera sa prime enfance à Singapour avant de revenir en Suisse. Il lui en restera une certaine propension au voyage, «le goût d’aller voir ailleurs».

Bien avant de mettre le cap sur l’Amérique latine puis les Etats-Unis, où il s’établira quelques années, Chappatte débute à Genève. «J’étais collégien quand j’ai commencé à publier mes premiers dessins dans le journal La Suisse, se souvient-il dans ce Plans-Fixes projeté le 2 mai prochain.

Au cours de cette entrevue, le cartoonist du Temps, de la NZZ am Sonntag et du New York Times international donne sa définition d’un bon dessin de presse, lui qui s’avoue satisfait une fois sur dix seulement par son travail. «Il y a un équilibre assez subtil à trouver entre le fond et la forme. J’essaie de sonner juste, sans tomber dans le truisme et la banalité. Et sonner juste, c’est du boulot!»

Privilégiant une approche intuitive – «souvent la meilleure» – Chappatte teste cinq à six idées avant de se déterminer. «La corbeille à papier, c’est important dans ce métier.» Finalement, le Genevois évoque la BD reportage, sa deuxième passion. «J’ai envie de raconter des histoires, et pour ça, le dessin de presse ne suffit pas.» Dans la lignée de son maître Jean Teulé, ex-bédaste devenu écrivain, Chappatte se met en scène dans une forme de gonzo journalisme inspiré. Une manière de «voir sans voyeurisme, d’entrer en empathie». Et de séduire un lectorat ému. «Vous m’avez fait pleurer», lui ont confié des lecteurs. Bel hommage pour quelqu’un qui, dans son job de dessinateur de presse, invite plutôt au (sou)rire.

Plan-Fixes Patrick Chappatte, mardi 2 mai, 18h45, cinémas du Grütli

(24 heures)

Créé: 24.04.2017, 14h37

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