François Debluë répand un essaim de pensées éparses

LittératurePoète sobre et classique, le Montreusien publie un recueil de réflexions, lyriques et/ou dissonantes.

François Debluë, poète et prosateur vaudois.

François Debluë, poète et prosateur vaudois. Image: Florian Cella

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Avant ses très populaires Saisons d’Arlevin, le livret de la Fête des Vignerons de 1999, François Debluë était déjà apprécié par les amateurs de poésie pour la ciselure minutieuse de ses écrits, en vers ou en prose, et leur vivante musicalité. S’il a eu pour oncle le dramaturge Henri Debluë (1924-1988), qui, vingt-deux ans auparavant, fut son devancier aux bacchanales veveysannes, il a eu un père violoniste qui l’a sensibilisé à la musique, même quand elle «dissone» à la manière des oiseaux.

François Debluë s’est laissé séduire par «ce grand désordre universel», tout en s’inscrivant dans la voie des grands classiques. Non pour juguler le chaos, mais l’humaniser, le cultiver en jardinier. Onze ans après avoir reçu le Prix Schiller (2004) pour l’ensemble de son œuvre, il publie un livre qui ressemble peu à la vingtaine qu’il a produits à ce jour.

Mieux qu’un journal, c’est un puzzle de pensées éparses: apophtegmes introspectifs, notes de voyages – en Toscane, en Bretagne, à Moscou –, citations d’auteurs – Stendhal, Goethe, Robert Walser, le cardinal de Bérulle, Haldas, Vialatte… Cela s’appelle Lyrisme et dissonance, un titre qui évoque une bataille d’anges féeriques ou prosaïques qui remue en permanence le cœur de Debluë.

Petit florilège:

«Tout artiste tient du manchot: le poète, le peintre, le compositeur ne travaillent que d’une main. L’autre n’est guère requise, sinon pour tenir la palette, maintenir la feuille de papier ou se gratter l’oreille.»

«Est-ce le bruit seulement qui fait du bruit, ou est-ce toi qui ne sais pas le faire taire en toi?»

«Je suis lyrique, enfin un peu con» (Céline). Comment mieux dire?»

«Un homme intelligent et subtil m’avoue son goût et sa pratique régulière des mots croisés. Voilà bien un exercice qui me demeure complètement étranger. A chacun ses façons de croiser le fer avec les mots.»

«Les médecins, même eux, finissent par mourir – et les poètes (même eux) par se taire.»

«A chaque mot, donner une nouvelle jeunesse.»

Créé: 29.05.2015, 10h10

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