«Les histoires de Maëlys sont nées pour mes filles»

EpalingesChristine Pompéï, maman à Epalinges, écrit avec passion des livres pour enfants, pleins de bon suspense et d’infos locales, qui se vendent par milliers.

Christine Pompéï chez elle à Epalinges. Elle écrit ses histoires de préférence le soir quand ses filles sont au lit.

Christine Pompéï chez elle à Epalinges. Elle écrit ses histoires de préférence le soir quand ses filles sont au lit. Image: Philippe Maeder

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«Je racontais des histoires à mes filles, au moment du coucher; je les inventais, mais je ne les écrivais pas, elles duraient le temps d’un soir, jusqu’au jour où Maëlys m’a redemandé celle du samedi d’avant. Je me suis dit mince, je l’ai oubliée, je ferais bien de les écrire et de les garder.» C’est ainsi que les histoires éphémères se sont installées dans de petits carnets, puis qu’elles sont parties en direction de diverses maisons d'édition lesquelles, comme le veut la tradition, les ont d’abord refusées en bloc. Jusqu’au jour où Auzou a dit oui. Le premier tome des enquêtes de Maëlys – L’énigme de la cathédrale de Lausanne – paru en 2013, a été tiré à 2000 exemplaires. Celui qui sortira bientôt – Le monstre du Léman – sera imprimé à 8000 exemplaires et illustré comme les six premiers tomes par la jeune Canadienne Raphaëlle Barbanègre qui sera présente au prochain Salon du livre.

Des histoires d’ici On pourrait dire que tout a commencé en juillet il y a trois ans. Pendant les vacances, maman seule à bord avec ses deux filles, Christine Pompéï – nous reviendrons plus tard sur son nom digne d’un péplum – a l’idée que personne n’avait eue ou concrétisée jusqu’ici. «J’ai eu envie de construire une histoire qui se passerait ici, dans la région, avec une énigme, parce que les enfants aiment le suspense, les questions, jouer à leur manière au détective.» Départ en famille pour la cathédrale de Lausanne. «Je connaissais l’existence du guet, j’adore les traditions et celle-ci est vraiment extraordinaire. J’ai fait des photos, marché avec mes enfants dans les rues de la Cité, je me suis imprégnée de l’atmosphère des lieux, et j’ai rédigé un chapitre par jour en mélangeant l’énigme et les informations bien réelles. Si les enfants pouvaient s’amuser et apprendre en lisant mon histoire, le but serait atteint!»

Dans les classes d’école Comme un bon fait divers local traité dans un journal, l’histoire de Maëlys et Lucien jouant les enquêteurs a fait son chemin. Chez les libraires, séduits et convaincus, qui l’ont rapidement placé près de la caisse, bien en vue; chez les parents et donc chez les enfants; puis chez les enseignants. «Beaucoup de maîtresses m’ont contactée. Certaines utilisent un de mes livres en première lecture. Je fais des ateliers d’écriture dans les classes, j’explique que pour faire un livre, il ne faut pas seulement un auteur, mais toute une équipe de gens pratiquant des métiers différents. Nous cherchons des mots, nous jouons avec eux, et je me rends compte que tout ce que je vis grâce à ces histoires m’émerveille comme un enfant! Tiens, ils se font une idée de l’auteur assez extraordinaire: ils pensent que je suis riche, se demandent pourquoi je n’ai pas un chauffeur pour conduire ma voiture, et il y en a toujours un parmi eux qui veut devenir éditeur!»Les séances de dédicace se multiplient. Avec quelques surprises pour Christine, notamment quand des enfants demandent à faire une photo… non pas de l’auteure, mais de la vraie Maëlys qui accompagne sa maman avec sa petite sœur Annélia.

Mais à propos, comment Maëlys, dix ans et demi, vit-elle le fait de voir son prénom – qui signifie princesse en Bretagne – ainsi mis en lumière? «Plutôt bien, et je crois que cela lui vaut plus d’amitiés que de jalousie. J’adore quand elle demande, avant les dédicaces, à être coiffée comme l’héroïne du livre!» Annélia, la petite sœur, avait bien envie aussi d’être dans les histoires, alors Christine en a fait une fillette qui préfère se déguiser en princesse plutôt qu’en sorcière pour aller passer une Nuit de l’épouvante au château de Chillon! Elle a apprécié. «Je sais que mes filles vont grandir, je me demande si je ne vais pas suivre leur âge dans mes histoires. Je ne sais pas, pas encore. Pour le moment, je savoure ce qui m’arrive. Plus j’écris, plus j’aime écrire! Plus j’aime recevoir des lettres, des dessins, des sourires, des mots de mamans heureuses qui me disent que grâce moi, leur fils a lu son premier livre! Ou qu’elles ont découvert le guet de la cathédrale, le Musée à La Chaux-de-Fonds.»

Christine Pompéï ne fait pourtant pas que raconter des histoires. Elle a la sienne, au quotidien. Séparée depuis cinq ans, célibataire, elle travaille à 80% comme assistante de direction à la RTS. Autant dire qu’à l’instar de nombreuses mères seules, elle jongle avec le temps. Sans se plaindre, plutôt en riant de ces journées élastiques, elle résume: «Je n’ai pas de moments où rien n’est prévu! Je me lève à 6 heures, je suis au travail à 8 h, je finis à 17 h, goûter, devoirs, repas, lecture avec mes enfants, et vers 21 h, je me mets à écrire. Si je n’étais pas seule, je pourrais oser songer à ne faire qu’écrire; mais j’ai aussi cette liberté de fabriquer mes histoires pour le plaisir, pas pour gagner ma vie.» Ah, son nom de famille, Pompéï. «Je l’ai gardé de mon ex-mari, en pensant à mes filles. Dans un petit village de Corse, d’où il vient, il y a tout plein de familles Pompéï, sans doute arrivées jadis à la suite d’une éruption et surnommées ainsi. Les Pompéï.»

Un jour, quand le succès aura encore grandi, des livres raconteront peut-être l’histoire vraie de Christine, la fillette pleine d’imagination de la campagne bretonne, qui gagna un vrai petit cochon dans une kermesse, devint traductrice pour des banques, eut deux filles, puis inventa en les signant du nom d’un volcan des enquêtes sans terreur, sans horreur, avec juste l’esprit fertile et bienveillant d’une adulte qui côtoie et comprend l’enfance. (24 heures)

Créé: 21.02.2015, 10h54

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