Portrait de Nancy Mitford, une plume anglaise à Paris

BiographieLe biographe français Jean-Noël Liaut consacre son dernier ouvrage à la dite «Dame de la rue Monsieur». Un régal.

Nancy Mitford dans son salon de la rue Monsieur par Mogens Tvede.

Nancy Mitford dans son salon de la rue Monsieur par Mogens Tvede. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Ce sont des femmes qui inspirent généralement le biographe français Jean-Noël Liaut. Karen Blixen, Nathalie Paley, Madeleine Castaing, Elsa Triolet et sa sœur Lili Brik, Edmonde Charles-Roux, il a raconté la vie de chacune d’elles avec autant de passion que de précision. Du beau monde auquel s’ajoute cette année la femme de lettres anglaise Nancy Mitford, née en 1904, dite avec esprit «La dame de la rue Monsieur». Qu’on les lise en anglais ou en traduction française, «La Poursuite de l’amour», «L’Amour dans un climat froid» ou «Pas un mot à l’ambassadeur», sont des romans qui produisent un effet délicieux. Ils sont drôles, pleins de fantaisie, et surtout l’émanation de cet humour pince-sans-rire pratiqué dans la haute société britannique au début du XXe siècle. Un régal.

Mais qui était l’auteur de ces perles à redécouvrir? On le sait mieux depuis la sortie chez Fayard en 2002 de «Ces extravagantes sœurs Mitford», par Annick Le Floc’hmoan. Parmi les six sœurs, la vedette est toujours Nancy, qui a rendu leur patronyme célèbre grâce à sa production littéraire. Les autres sont connues pour des raisons diverses: Diana comme militante fasciste britannique, Unity pour sa passion pour Adolf Hitler, Jessica parce qu’elle fut communiste aux USA, Deborah car elle a publié dès 2006 de savoureux souvenirs d’une duchesse anglaise. La seule extravagance de Pamela fut de s’être mariée en noir.

Nancy Mitford aimait Paris. Parfaitement francophone, cette fille de lord anglais s’y était installée en 1946, après le succès phénoménal de «La Poursuite de l’amour». Quatre ans plus tôt, elle avait rencontré Gaston Palewski, un compagnon du général de Gaulle qui venait la voir régulièrement dans son appartement de la rue Monsieur, mais ne voulut jamais vivre avec elle ni l’épouser. Il se maria sur le tard, à l’insu de Nancy, avec la dernière des Talleyrand-Périgord, héritière d’un château où il mourut en 1984. Son amie s’éteint en 1973 à Versailles, au 4, rue d’Artois, fait rappelé par une plaque sur la façade. Nancy s’y est installée après avoir brossé le portrait du château voisin et de son hôte le plus brillant dans son dernier succès littéraire, «Le Roi-Soleil». Ses biographies de Madame de Pompadour et de Frédéric le Grand, ainsi que son «Voltaire amoureux», témoignent aussi d’un réel talent de conteuse.

Jean-Noël Liaut «Nancy Mitford. La dame de la rue Monsieur», Allary Éditions, 363 pages Parution: 21 février (24 heures)

Créé: 07.02.2019, 15h27

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.