Une déclaration d'amour au tattoo

LivreUn essai? Un recueil? Un roman? «Parce que les tatouages sont notre histoire» est aussi multiple que les traits qui ornent les bras de son auteur.

Femme de tatoueur, Héloïse Guay de Bellissen était libraire avant d’écrire.

Femme de tatoueur, Héloïse Guay de Bellissen était libraire avant d’écrire. Image: DR/ARNAUD MEYER/LEEXTRA/ED. ROBERT LAFFONT

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«Moi je dis volontiers que c’est un ovni», rigole Héloïse Guay de Bellissen, Prix Méditerranée des lycéens en 2013 pour «Le roman de Bodda» (Ed. Fayard), au moment d’essayer d’étiqueter son dernier livre. Femme de tatoueur, elle nous tend sa main encrée pour nous emmener à la rencontre de clients du salon de son époux, mais aussi de personnages historiques décrits de manière si réelle qu’on a l’impression qu’ils viennent de pousser la porte de leur commerce. Tous ont en commun l’encre qui orne leur peau. Des tatouages ardemment désirés, des tatouages devenus honteux, des tatouages qui font rire, parler ou pleurer.


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En lisant, on a l’impression de feuilleter un catalogue de flashs, ou de regarder de plus près les avant-bras de l’écrivain. D’une histoire à l’autre, la narration part dans tous les sens et c’est étonnamment agréable. «C’est très vrai, cette somme d’expériences forme un tout. Un tout qui est un livre ou un tout qui est moi, si on parle de ma peau. Il y a des tatouages superbes, des ratés, des désirés et d’autres improvisés. Mais chaque tattoo est un rite de passage, on en ressort changé à tout jamais. Je suis de celles qui prônent l’acceptation des erreurs. Idéalement, je trouve qu’on ne devrait pas recouvrir un vieux tattoo. Il raconte notre parcours, il fait partie de qui on est. À part quand le tatouage est trop connoté, comme la croix gammée de Brice dont je parle dans le chapitre «Changer». Quand on se retrouve face à une telle histoire, le salon de tatouage devient un lieu de communion où on écoute, où on se confesse, où on pardonne aussi.»

Sociologique, esthétique, ethnographique, artistique et historique, les angles d’Héloïse Guay de Bellissen – dite la «femme-livre» dans le texte – se mêlent et s’entrechoquent, se répondent et se provoquent. Avec, en toile de fond, sa conversation avec sa maman en fin de vie qui s’émerveille des tatouages de sa fille qui parleront pour elle lorsqu’elle ne le pourra plus. On sourit de ce fan absolu qui ne se sent entier qu’une fois que sa peau porte le portrait de Johnny Hallyday, on s’enthousiasme du courage de cette petite fille, Maopé, de la tribu des Iban à Bornéo en 1850 qui finit par gagner le droit de voir se dessiner sur son épiderme des tatouages réservés aux guerriers de sa tribu.

«Un tatouage n’est jamais anodin. C’est un acte formateur, définitif. On expose souvent sa part la plus intime à la vue des autres. On choisit de montrer qui on est, qui on a envie d’être, on immortalise des moments importants dans notre chair. Un geste merveilleux ancré dans des traditions ancestrales.»

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(24 heures)

Créé: 06.02.2019, 12h40

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