À 15 ans, l’ado BDFIL se lâche

FestivalLa manifestation lausannoise promet une belle édition anniversaire, sous la houlette de l’indépendant Alex Baladi.

Alex Baladi, invité d'honneur de la 15e édition.

Alex Baladi, invité d'honneur de la 15e édition. Image: Nina Cuhat, BDFIL

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Quinze éditions déjà que BDFIL met Lausanne sous bulles et que le festival tisse sa toile comme un réseau pluriculturel à travers la ville. Pour cet anniversaire, son directeur Dominique Radrizzani a imaginé quinze expositions comme autant d’années, et des collaborations musicales, théâtrales ou picturales originales.

Honneur d’abord au plus fidèle des auteurs, promu invité d’honneur en 2019. Le Veveysan installé à Berlin Alex Baladi fête, lui, ses 50 ans cette année et il dit n’avoir raté que deux éditions du festival. Chef de file d’une BD indépendante, qui casse les codes tout en restant parfaitement lisible, le dessinateur a imaginé une affiche pop, colorée, coup de poing, qui annonce en gros le nom de la manifestation. «Il a dû travailler avec des opticiens», rigole Dominique Radrizzani. On retrouvera ainsi une rétrospective de ses trente ans de carrière au Romandie, les planches originales de son dernier album à Ceruleum. Mais il y aura aussi sa traditionnelle Fabrique de Fanzines qui propose à tout un chacun de réaliser son propre journal, deux planches inédites qu’il a dessinées pour l’expo Tif et Tondu (lire ci-contre), la fresque qu’il va réaliser pour la Kantina, le café du Théâtre de Vidy, ou son brio lors de la soirée d’ouverture à la Cinémathèque.

Multiculturel

Comme le garçon n’arrête jamais, Baladi va également proposer un concert dessiné avec l’ensemble classique Sine Nomine. Et, quand on parle des collaborations artistiques de BDFIL, le festival donnera aussi une suite à l’exposition «Ombres» du Musée de l’Ermitage avec une exposition sur l’ombre en bande dessinée, le concours Nouveau Talent qui va explorer le thème et un théâtre d’ombres dessiné par… Baladi, que donnera Omar Porras dans son TKM.

«C’est notre travail de sortir la bande dessinée de ses cases, affirme Radrizzani, pour donner envie aux gens de lire et d’acheter des albums.» Par exemple, la dernière production du Genevois Wazem, «Un monde pas possible», lui aussi exposé, ou ce passionnant travail du Tessino-Lausannois Stefano Boroni, en collaboration avec Yann Karlen, le Musée d’architecture et d’histoire de Lausanne et le Musée d’ethnographie de Neuchâtel autour de ce missionnaire protestant au Mozambique revenu à Lausanne avec ses souvenirs. Ajoutez-y les 10 ans de «Vigousse», le livre d’or du festival ouvert au public, des dédicaces, un espace microédition, des expos dans des galeries de la place et les 24 heures de la BD, et le programme de la boum d’anniversaire sera complet.

Lausanne, divers lieux, Du 12 au 16 septembre, www.bdfil.ch


Collectif

Lausanne sous la plume

BDFIL rend hommage à sa ville d’adoption dans une exposition en trois volets à l’Espace Arlaud. Qui explorera d’abord la présence de la capitale vaudoise dans la BD, de Rodolphe Töpffer le précurseur à Zep ou à Lewis Trondheim. Le public aura également l’occasion de voir en grand le livre que la commune offre à ses nouveaux citoyens à leurs 18 ans, une somme hors commerce signée par 26 auteurs sous une couverture de Cosey. Enfin, en prolongement de l’aventure, BDFIL a commandé à une série d’auteurs proches du festival ou de la ville une illustration de leur rapport à Lausanne. Comme cet «autoportrait» de Floc’h, invité du festival il y a quelques années, et qui avait longuement observé la maquette de la ville au Musée historique qui lui a inspiré ce dessin.


Retour

Tif et Tondu, le poil au vent

Qui lit encore les aventures de Tif et Tondu, ce duo capillaire né à la fin des années 1940 avant de connaître bien des auteurs tout au long de leur carrière achevée en 1997 après 45 albums, de Will à Tillieux? Les deux détectives amateurs, Tif le chauve et Tondu le hirsute renaissent de leurs cendres grâce à des créateurs plus contemporains, comme Blutch, Jean-Christophe Menu ou Nicoby. Les anciens comme les modernes seront à découvrir à l’Espace Romandie.

Autre souvenir dans le même espace avec la commémoration de l’alunissage d’Appolo XI en 1969 avec une recherche du Centre BD de Lausanne sur les fantasmes que cette exploration avait fait naître chez les auteurs de BD dans les années 1950 et 1960, le plus célèbre d’entre eux étant le diptyque précurseur de Tintin.


Suisse

L’été à Charrat

Hélène Becquelin avait beaucoup ému avec «Adieu les enfants», album qui racontait les vacances de son enfance en Italie avec tendresse et humour. La sœur de Mix Remix en sort un deuxième, «plus construit» selon elle, puisque l’idée de la publication était déjà concrète. L’enfance à Charrat (VS), les processions, les pique-niques, la tante et ses bricelets et la nature fascinante. Le résultat sera visible à l’Espace Romandie.


Enfants

Où est Milton?

L’illustratrice irano-lausannoise Haydé a fait de son chat «Milton», disparu depuis, le héros d’une dizaine d’albums aussi drôles que délicats. Elle revient cet automne avec un livre cartonné géant de grandes fresques aux microscopiques détails dont «Milton» est évidemment le héros. Ces dessins seront le décor de l’espace enfants de BDFIL où ils pourront découvrir les souris qui pique-niquent sous l’œil du chat philosophe mais aussi s’initier au langage et à la grammaire de la bande dessinée.

Créé: 26.06.2019, 16h47

Baladi en couleurs

À l’image de l’affiche du festival, colorée et vive, percutante et presque rétro, Alex Baladi a pris de la couleur.

Longtemps adepte d’une narration en noir et blanc, partisan d’une ligne sobre inspirée du bois gravé et du papier découpé, le Vaudois surprend avec «Robinson suisse», un texte écrit au XIXe siècle par la très Lausannoise Isabelle de Montolieu et qu’il a mis en images dans des à-plats joliment colorés, à paraître cet automne chez Atrabile.

Pour BDFIL, comme il l’avait fait en 2015 avec son univers western mâtiné de poya , il proposera aussi des installations qui reflètent son univers plutôt qu’une succession de planches et de dessins.

Le Prix Töpffer 2018 et Prix de la BD Alternative d’Angoulême 2019 ne cesse de réinventer son mode d’expression et ses champs de réflexion.

(Image: NINA CUHAT)

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