Albertine se dévoile en grand

RétrospectiveAu Musée Forel, à Morges, la dessinatrice genevoise expose tous les aspects de son œuvre, avec l’écrivain Germano Zullo. Visite.

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«On a reçu carte blanche. Aucun interdit. C’est vraiment magnifique.» Pimpante dans un ensemble bleu indigo qui souligne son goût pour les beaux habits, Albertine jubile, à juste titre. Au Musée Alexis-Forel, à Morges, la dessinatrice genevoise dévoile toutes les facettes de son univers graphique, qu’elle développe volontiers avec son mari l’écrivain Germano Zullo.

Sur deux étages, dans six salles et salons, une Grande exposition qui mérite parfaitement son nom présente aussi bien différentes séries de dessins représentatifs des thèmes abordés par l’intéressée ces dernières années que des objets insolites, des carnets ou une somptueuse collection de robes. Le processus d’écriture qui conduit Albertine et Germano Zullo à dialoguer de manière aussi inspirée que taquine n’est pas oublié.

Rétrospective ambitieuse

«Il s’agit pour nous d’une rétrospective ambitieuse», précise Yvan Schwab. Le directeur du Musée Forel avait déjà accueilli Albertine en 2007 pour un accrochage centré sur l’aspect jeunesse de son œuvre. Rebelote en 2011 avec un bel ensemble de Portraits de famille. «On cantonne parfois Albertine et Germano à leurs livres destinés aux enfants… ou aux adultes avertis. Nous voulons montrer ici l’étendue de leur travail, qui passe aussi bien par le film d’animation que par des tableaux ou des illustrations non destinés à l’édition.»

Plusieurs dizaines de gouaches exposées jusqu’ici uniquement en galeries s’affichent ainsi aux cimaises du musée. Leurs couleurs – du bleu turquoise, du vert légèrement acide, du jaune qui tire sur l’orange – font partie des favorites d’Albertine. Leurs thèmes – pêche miraculeuse, lacs, jardins, piscines – se répondent d’une image à l’autre. «Tous mes projets sont liés», explique la résidente de Dardagny, toujours débordante d’énergie créatrice. «Je travaille en séries, je malaxe mes sujets jusqu’à l’épuisement.»

Pour se régénérer, «pour délier la main», comme elle dit, Albertine réalise des dessins par pur plaisir, sans volonté de publication, dans d’élégants carnets qu’elle montre pour la première fois au public. «Ce n’est pas du croquis. Cela tient davantage du laboratoire. Une manière de questionner la narration, d’exercer le regard.»

La Genevoise se plaît aussi à réaliser des petites figurines en terre, bestiaire improbable à la Jérôme Bosch, façonné à tout berzingue. «Je me donne dix minutes chrono pour les faire. Ma mère céramiste les cuit. Après, je les peins. C’est une façon d’aller vers un univers différent. J’ai tout le temps besoin d’expérimenter.»

Certaines de ces statuettes mignonnes adoptent des positions qu’on qualifiera d’explicites. Elles font pendant à une vaste fresque de 10 mètres de large représentant quantité de personnages masculins et féminins dans des poses équivoques. «Je suis parfois partie dans des délires», confesse la coquine à propos de ce grand dessin érotique réalisé dans le cadre de la Fête du slip à Lausanne.

Pour une séquence plus habillée, il faut se glisser dans la salle Renaissance du musée Forel. Quatorze robes en tissu, toutes peintes par Albertine, proclament sa passion pour la mode. Présentées à Meyrin ce printemps, elles ont fait un tabac. Des mannequins leur donneront vie lors d’un grand défilé, ce samedi. «J’aimerais continuer à réaliser des vêtements. J’ai des projets en ce sens, qui pourraient aller du côté du théâtre.»

Studio américain

En attendant, c’est de cinéma qu’il faut parler. Le musée présente quatre courts-métrages réalisés à partir des ouvrages d’Albertine et de Germano Zullo. A l’automne, un nouveau film d’animation, adapté de La femme-canon, sera projeté dans les salles. «On sait qu’il y a désormais des portes ouvertes dans ce domaine», se réjouit le duo. Qui vient de signer un contrat gros comme un bottin de téléphone avec les studios américains Amblin, pour un long-métrage tiré de leur livre «Les gratte-ciel». «Le film est en développement». Affaire à suivre…

Albertine et Germano Zullo, la grande exposition, du 31 août au 26 novembre, Musée Alexis-Forel, Grand-Rue, 54, Morges. Me-di 14 h-18 h. Grand défilé de robes créées par Albertine, sa 2 septembre à 15 h, 16 h et 17 h. Réservations indispensables: 021 801 26 47

Créé: 31.08.2017, 10h13

Signée Albertine, l'affiche de «La grande exposition» présentée au Musée Alexis-Forel.

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