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Les amours de Casanova à Venise

Les Mémoires du célèbre amoureux de la Sérénissime se voient sublimés par des œuvres d’époque. Sensuel.

Casanova arbore volontiers les masques du jeu et de la liberté dans sa quête effrénée du plaisir, en une danse vénitienne que ne renierait pas la commedia dell’arte à l’ima ge de Franca Trippa et Frittellino sur cette peinture du XVIIIe siècle.
Casanova arbore volontiers les masques du jeu et de la liberté dans sa quête effrénée du plaisir, en une danse vénitienne que ne renierait pas la commedia dell’arte à l’ima ge de Franca Trippa et Frittellino sur cette peinture du XVIIIe siècle.
© SCALA ARCHIVES, FLORENCE

Michel Delon, qui introduit «Casanova, mes années vénitiennes», insiste sur la fusion quasi charnelle qui intervint au XVIIIe siècle entre la Sérénissime et l’aventurier. Entre l’homme et la ville millénaire vibre le désir d’une «invention de soi», jusque dans la coïncidence chronologique. Né en 1725, à San Marco, celui qui se dit «Jacques Casanova de Seingalt Vénitien» s’éteint en 1798, un an après que la République de Venise est envahie par les armées de Bonaparte.

Entre-temps, le chevalier se sera appliqué à jouir du destin: «Cultiver le plaisir de mes sens fut toute ma vie ma principale affaire.» Vœu affiché, et la Cité le lui rend bien: «Le gouvernement ici, observe-t-il, laisse volontiers le libertinage être une esquisse de la liberté qui devrait y régner.» Lui-même expose ses fantasmes et conquêtes avec une innocence désarmante. Son impudeur naturelle, spontanée même, qui déshabille les sexes dans un tourbillon de plaisirs, désamorce tout soupçon de perversité. Un humour naïf jaillit même à l’occasion. Voir Casanova, en hasardeux homme d’Église, découvrir des billets doux dans la recette de la quête!

L’ouvrage, ici, tient son forte dans son illustration subtile en fresques, «vedute», portraits. Mieux que sur grand écran ou, du moins, à hauteur du «Casanova de Fellini» (1976), le texte excite l’imaginaire, sublimé par les artistes contemporains du Chevalier.

Des fêtes délirantes aux marquises dévoyées et autres vierges effarouchées, Greuze, Canaletto, Tiepolo, Rosalba Carriera, etc. matérialisent l’expérience. Professeur de littérature française à la Sorbonne, Michel Delon remet encore ces Mémoires dans le contexte. Soit un Casanova vieillissant, menacé de débandade pour qui il s’agit «de se souvenir de sa jeunesse, de s’inventer des jeunes années qui compensent l’amertume de l’âge et qui suscitent un amusement complice chez les lecteurs dignes de le comprendre».

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