Angélique, Marquise des Anges, a perdu sa créatrice

Carnet noirLa romancière française Anne Golon, auteur de la série Angélique, a vécu 30 ans en Valais et à Lausanne. Elle est morte vendredi à Versailles.

Pour échapper au fisc français, Anne Golon et sa famille ont longtemps vécu à Crans, en Valais, puis à Lausanne. 24heures rencontrait la créatrice d'Angélique en 2006, après la longue procédure judiciaire qui lui avait permis de retrouver ses droits d'auteur.

Pour échapper au fisc français, Anne Golon et sa famille ont longtemps vécu à Crans, en Valais, puis à Lausanne. 24heures rencontrait la créatrice d'Angélique en 2006, après la longue procédure judiciaire qui lui avait permis de retrouver ses droits d'auteur.

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Treize épisodes publiés de 1957 à 1985 et traduits dans une trentaine de langues; une centaine de millions de lecteurs, du Japon à la Russie. Avec les aventures de leur célèbre Angélique, marquise des Anges, Anne et Serge Golon – le mari décédé en 1972 – ont créé une saga devenue un classique de la littérature populaire, une série de romans de référence sur le XVIIe siècle. L’héroïne romantique est désormais orpheline: vendredi à Versailles, la romancière est décédée d’une péritonite. Elle avait 95 ans. Durant près de trente ans, la Française avait vécu en Valais et dans la capitale vaudoise, «dans un appartement modeste de la rue Saint-Laurent, entre Ale et Palud» et vivant «sur les économies découlant de ses lointains triomphes en librairie», rappelait, en 2006 dans ces colonnes, le chroniqueur littéraire Gilbert Salem.

Angélique constitue l’une des plus belles réussites éditoriales de tous les temps. Cette réussite a toutefois longtemps échappé au contrôle de son auteur, Simone Changeux, de son vrai nom, née en 1921 à Toulon et fille d’un officier de marine. Jusqu’en 2006, celle-ci n’a pu bénéficier légitimement de l’usufruit de son mondial succès.

Très jeune dans les années 1940, cette passionnée d’histoire publie plusieurs romans. Après la guerre, elle crée une revue, France-Magazine. En reportage au Congo en 1947, la femme de plume rencontre alors Vsevolod Sergeïvich de Goloubinoff, un géologue brillant avec qui elle aura quatre enfants. Avec qui elle décidera aussi d’écrire ce grand roman qui sera rapidement adapté au cinéma, deviendra une comédie musicale, un opéra ou encore un manga. Touche-à-tout, l’époux s’occupe de la documentation. Simone rédige. Golon sera leur nom.

Le premier livre paraît curieusement d’abord en Allemagne en 1956, puis en France en 1957 et aux Etats-Unis en 1958. Le succès est immédiat. Sur grand écran entre 1964 et 1968 et depuis des décennies à la télévision – oublions le piètre remake de 2013 –, Angélique reste immortalisée par Michèle Mercier.

Anne Golon a toujours considéré que le cinéma – tout comme certaines traductions – avait dénaturé et rendu «niais» son personnage. Selon elle, Angélique était une battante éprise de liberté. Dans les années 90, l’auteur entrera d’ailleurs en conflit avec son éditeur Hachette qui, à travers ses filiales, lui aurait versé des sommes sans rapport avec les ventes réelles. Après une longue procédure et au terme d’un dédommagement financier dérisoire, l’auteur finira par récupérer toutefois l’entier de ses droits. Trois ans plus tard, elle publiera, d’ailleurs, une version définitive de la saga. (24 heures)

Créé: 16.07.2017, 17h27

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