Arundhati Roy emporte dans une Inde déchirée et magnifique

LivreVingt ans après «Le dieu des petits riens», l’auteur renoue avec une riche saga

Arundhati Roy, 57 ans, Prix Booker pour son premier roman.

Arundhati Roy, 57 ans, Prix Booker pour son premier roman. Image: Augustus Binu

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Le fleuve qui traverse l’Inde – le Gange – est puissant, complexe, changeant, vital et sacré. Le nouveau récit d’Arundhati Roy l’est tout autant, combinant les plus petits détails à une saga dense qui traverse toute l’histoire de ce pays depuis son indépendance en 1947. Vingt ans après Le dieu des petits riens, l’écrivaine revient enfin à la fiction après deux décennies d’essais et de militantisme. Et elle n’a rien perdu de son style flamboyant, de son goût des petites gens et de son implication politique.

Entre Delhi et le Cachemire, voici Anjum, l’hermaphrodite devenue hijra, cette caste hors sexe qui fascine et dérange les Indiens. Alors qu’elle installe sa baraque dans un cimetière, elle devient le centre de gravité de toutes une série de cabossés de la vie, de romantiques, de révolutionnaires qui essaient de changer ce sous-continent où la tension interreligieuse monte avec l’arrivée au pouvoir des ultras, où les droits de l’homme sont massacrés dans ce Cachemire que se disputent musulmans et hindouistes. Ici, justement, se battent l’idéaliste Musa et son amante Tilo, adoptée par sa mère qui l’avait abandonnée pour éviter le déshonneur.

Le récit est touffu, labyrinthique, foisonnant, mais fascinant surtout par la multitude de seconds rôles, de destins hors norme qui composent à eux tous le portrait d’un pays qui se rue vers la modernité sans se départir de ses traditions ancestrales. À quel prix?

(24 heures)

Créé: 17.01.2018, 17h18

Le livre

«Le ministère du bonheur suprême»

Arundhati Roy

Ed. Gallimard, 544 p.

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