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«Bad Boyle» scrute le LSD de Bâle aux USA

Dans «Vers la lumière», l’écrivain conte comment Albert Hofmann changea la pop culture.

Confiné bluesy dans sa retraite de Santa Barbara, T.C. Boyle n’en mène pas large. «Moi? Je m’ennuie tellement que mes amygdales sont en train de repousser!» note le Californien. Mais dans son nid de verre et de végétation griffé par l’architecte révolutionnaire Frank Lloyd Wright, il refuse de glisser dans l’océan de ses doutes. «Tous les écrivains sont des maniaco-dépressifs, accros aux drogues, à l’alcool, d’une moralité douteuse. Je ne fais pas exception.» Sauf qu’entre utopies et déprimes, le septuagénaire aux airs de dandy punk a bâti une œuvre excentrique.

Ainsi, «Voir la lumière» scrute l’invention du LSD en 1943 par Albert Hofmann, chimiste bourgeois de Bâle, et son exportation 20 ans plus tard à l’Université de Harvard, Massachusetts. Dans l’Amérique guindée de «Tricky Dicky» Nixon, Timothy Leary, bientôt jugé «l’homme le plus dangereux des États-Unis», expérimente la molécule comme un «sacrement» qui conduit à «l’illumination des consciences». Libération psychédélique mais aussi excès et dérapages. Après avoir exploré d’autres grands destins fondateurs de la mentalité américaine, les Dr Kellogg, Alfred Kinsey etc., T. C. Boyle offre un grand trip sur la «beat generation» planant avec lucidité entre sarcasmes et utopies.

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