Les bonnes et mauvaises odeurs de la littérature sont éditées

EditionLa collection «Essences» d’Actes Sud passe commande de textes odorants. Nouvelles sorties aux lettres bien senties.

Il n'y pas que les laboratoires de parfumeurs comme chez Givaudan qui se préoccupent des odeurs. Les éditeurs comme Actes Sud ouvrent également la fiole.

Il n'y pas que les laboratoires de parfumeurs comme chez Givaudan qui se préoccupent des odeurs. Les éditeurs comme Actes Sud ouvrent également la fiole. Image: LDD/Givaudan

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Il y avait déjà «le bruit et les odeurs». Depuis l’an dernier, les Editions Actes Sud tendent le nez du côté de la littérature et passent commande de textes aux développements odorants à l’enseigne de la collection «Essences». «En grande lectrice de poésie symboliste du XIXe siècle, je pense depuis longtemps qu’il y a des mondes propices et des territoires inconnus à ouvrir à partir d’un souvenir olfactif, qu’il soit de l’ordre du parfum ou de l’odeur», détaille Eva Chanet, responsable d’une série qui compte déjà sept titres (toutes des femmes à part l’initiateur Lyonel Trouillot), dont trois viennent de sortir.

Il est donc permis de sentir mauvais et certains ne s’en privent pas, comme Valentine Goby, issue d’une famille de Grasse, capitale mondiale du parfum, qui, dans son texte aux intenses exhalaisons personnelles, Baumes, évoque l’insupportable «odeur d’usine» de son père. «Quand je lui ai demandé un texte, elle a été très surprise, mais je ne savais pas qu’elle était originaire de Grasse, se souvient Eva Chanet, je savais juste qu’elle avait cette capacité de parler du corps des femmes, d’évoquer lieux et paysages.» Pour l’auteur, la commande a été le déclencheur d’une écriture autobiographique, genre qu’elle n’avait jusque-là jamais abordé, confessant au passage une attraction pour le vétiver qui hérisserait le narrateur de La Recherche du Temps Perdu

La commande mais pas la débauche

«J’aime aussi beaucoup l’idée de réactiver la commande, confie la directrice de collection. Cela peut susciter un intermède, ouvrir une fenêtre dans le cours d’une œuvre. Pour l’instant, j’ai mis en avant des écrivains de la maison, mais il y en aura d’autres, même si je ne cherche pas à les débaucher!»

Parmi les publications récentes, il y a encore celle d’Hélène Frappat qui hume l’évanescence d’une relation fille-mère dans le maquis corse de N’oublie pas de respirer, ouvrage remarquable et très remarqué. Plus volage, plus comique aussi, Une île de Véronique Bizot circonscrit des aspects plus triviaux de l’odorat – et donc son absence, aussi. Citant Desproges et son endive, «dont l’odeur fade rappelle à l’amnésique qu’il a tout oublié», l’auteur du récent Ame qui vive relève la fuyante banalité d’un humour bien senti.

Créé: 08.12.2014, 14h13

Dernières sorties

Baumes
Valentine Goby
Une île
Véronique Bizot
N’oublie pas de respirer
Hélène Frappat
Ed. Actes Sud

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