Le roman de Bruno Pellegrino a conquis les Lausannois

Littérature Le jury du Prix des lecteurs de la Ville de Lausanne a désigné son vainqueur mercredi soir au Théâtre de Vidy.

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«J’ai écrit mon livre en pensant que c’était casse-gueule d’évoquer la vie d’un poète peu connu du grand public. Je suis très touché par ce prix», a confié Bruno Pellegrino mercredi soir à Vidy. À l’annonce du lauréat du Prix des lecteurs de la Ville de Lausanne, l’émotion était palpable. Après Sébastien Meier (2015), Antoine Jaquier (2016), Silvia Haerri (2017) et Laurence Boissier (2018), Bruno Pellegrino a remporté la 5e édition d’un événement devenu incontournable pour les Lausannois, dans une salle comble et animée.

Avec «Là-bas, août est un mois d’automne», l’écrivain a su convaincre à l’unanimité un jury populaire et éclectique. Librement inspiré de la vie de Gustave Roud (1897-1976) et de sa sœur Madeleine (1893-1971), le roman nous plonge dans le quotidien de deux âmes solitaires au milieu de la campagne vaudoise dès les années 60. Puissante, singulière et documentée, l’écriture de Bruno Pellegrino porte à la fois la complicité du duo et leurs souffrances – à l’image de l’homosexualité de Gustave Roud, difficile à gérer dans un petit village.

«J’ai écrit mon livre en pensant que c’était casse-gueule de parler d’un poète peu connu»

Durant la cérémonie, les six membres du jury ont mis en lumière les forces de tous les ouvrages en lice, «Les corps glorieux» d’Auguste Cheval, «Carrousel du vent» de Marc Agron, «Café des Chimères» d’Anne-Claire Decorvet, «Une famille» de Pascale Kramer, «Dans Karthoum assiégée» d’Étienne Barrillier. Et en présentant celui du vainqueur, Bertil Wicht, étudiant en humanités digitales à l’EPFL, a su trouver les mots justes. «Je n’avais que vaguement entendu parler du poète, a-t-il admis devant tout l’auditoire. Ce texte m’a fait rencontrer des êtres plus qu’attachants. Quand Gustave écrit, on voit par-dessus son épaule ce qu’il note. Quand il doute, on aurait envie de lui raconter qu’il a passé l’épreuve du temps et qu’aujour­d’hui encore des jeunes écrivent des livres sur lui.»

Avec un grand sérieux, l’humoriste et comédien Vincent Kucholl, président du jury, a lui aussi rythmé le bal en faisant des lectures passionnées d’extraits des six œuvres, avant de mettre une perruque et de fausses dents pour incarner l’adjoint du chef des archives et des bibliothèques de la Ville de Lausanne. Rendant tout le public hilare. Mais le président a vite repris son sérieux. «Les débats du jury ont été assez houleux, confie-t-il au moment de l’apéritif. Personnellement, l’ouvrage de Bruno Pellegrino était mon favori. En quelques mots, il instaure un style, une émotion, et beaucoup de tendresse.»

Aussi membre fondateur du collectif littéraire AJAR, le lauréat né à Morges en 1988 remporte la somme de 20'000 francs, ainsi qu’une résidence d’un mois au château de Lavigny. «Le temps est la chose qui me manque en ce moment, admet encore Bruno Pellegrino. Mais ce prix représente bien plus pour moi. Je me dis que toutes les heures que je passe à écrire servent à quelque chose. Le résultat peut toucher les gens. Et leur parler.»

«Là-bas, août est un mois d’automne» Bruno Pellegrino Éd. Zoé, 224 p. (24 heures)

Créé: 11.04.2019, 16h29

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