Le canari d’Anne-Frédérique Rochat chante l’aigre-doux de la vie

RomanEn lice pour le Prix des lecteurs de la ville de Lausanne, l’auteure est attendue «à la maison» ce samedi 31 octobre pour une séance de dédicace à Montreux.

Avec «Le chant du canari», Anne-Frédérique Rochat signe son quatrième roman en quatre ans.

Avec «Le chant du canari», Anne-Frédérique Rochat signe son quatrième roman en quatre ans. Image: VANESSA CARDOSO

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Très vite, leur vie truffée d’habitudes rassurantes, leur fleuve trop tranquille tourne à l’eau dormante. Polytraumatisée de l’existence, elle étouffe de son désir d’enfant pendant que lui, débonnaire, s’émerveille des couleurs de l’automne, lui ramène un poisson rouge puis un canari et se plaît en gamin facétieux capable de rendre la pareille à un lama en lui crachant à la figure… Très vite, on comprend que Violaine et Anatole ne font plus la paire mais Le chant du canari n’est pas un roman de plus sur un couple de plus qui se perd de vue, Anne Frédérique Rochat – quatre romans en quatre ans, on ne la présente plus! – aime trop les gens pour se contenter des faits.

Douée d’une vraie intuition des caractères, elle façonne ses personnages avec un vécu, avec leurs troubles identitaires, leurs faiblesses, leurs espoirs et dans un vrai sens des équilibres vitaux, elle les cueille au moment où tout peut basculer pour les laisser vivre dans la dérive. «C’est ce qu’il y a de beau dans l’écriture, disait-elle l’année dernière dans ces colonnes. On laisse ce qu’on a créé nous échapper.»

A la limite de la cruauté
Dans ce roman comme dans les trois précédents (Accident de personne, Le Sous-bois, A l’abri des regards), les êtres perdent pied, les abîmes se creusent, l’angoisse de l’inéluctable finitude rode et… Anne-Frédérique Rochat laisse faire. Presque cruelle! Mais en véritable dame de cœur, celle qui fait aussi du théâtre, un métier, sait aussi ménager de douces bouffées d’humour et de légèreté pour oxygéner son récit. Et comme dans les précédents romans, le dosage sonne toujours juste. Sensible. Drôle aussi…

Annonciateur, pour les mineurs, d’un coup de grisou, le canari de Violaine et Anatole assiste lui aussi à l’implosion des certitudes. Le doute s’installe, dévastateur. Prenant. Et… on se dit que, définitivement, la plume d’Anne-Frédérique Rochat étreint l’instable avec autant d’acuité que d’émotion. (24 heures)

Créé: 26.10.2015, 10h11

Articles en relation

Lausanne vibre avec la scène littéraire romande

Distinction La Ville offre le premier rôle à ses lecteurs, ils départageront les 6 nominés de son prix. Plus...

Lausanne vibre avec la scène littéraire romande

Distinction La Ville offre le premier rôle à ses lecteurs, ils départageront les 6 nominés de son prix. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

À défaut d'accord-cadre, Jean-Claude Juncker et Doris Leuthard se sont félicités à Berne de la nouvelle «dynamique positive» entre l'UE et la Suisse, qui débloquera par ailleurs 1,3 milliard pour les pays de l'Est (publié le 24 novembre 2017)
Plus...